Hollywood, tout le monde l’enseigne ; Bollywood, on le cite en curiosité ; Nollywood, deuxième industrie cinématographique du monde par le nombre de films, reste un angle mort. C’est exactement là que se loge l’occasion. Car l’objet le plus dépaysant du programme se révèle, à l’usage, le plus orthodoxe : derrière le « concurrent africain d’Hollywood » se cachent la puissance et ses formes indirectes, la fabrique des représentations et le soft power, le regard critique sur les sources et le croisement des quatre disciplines. La spécialité tout entière, en somme, contrebandée dans un objet qui donne envie.
Cette séance introductive se joue avant le thème 1, et c’est un choix. On n’y définit pas la HGGSP, on la fait éprouver. Les élèves lisent un même objet à quatre voix, remplissent la grille d’analyse de spécialité et découvrent par l’expérience ce qu’aucune définition liminaire ne leur aurait fait sentir : qu’un film nigérian tourné en deux semaines dans un quartier de Lagos engage l’histoire d’un pays, la géographie de ses diasporas, la sociologie de ses actrices et la géopolitique de son image. La géopolitique au centre, deux approches au moins pour l’accompagner : la règle du jeu de la spécialité, posée dès la première heure.
Le corpus est conçu pour rendre l’esprit critique inévitable. Deux reportages télévisés d’avant le streaming, deux articles nigérians récents : entre eux, des chiffres qui se contredisent, un cadrage « Eldorado » qui séduit autant qu’il masque, une piraterie qu’on ne filme jamais. L’élève n’a pas à croire, il a à confronter, à dater, à peser. C’est la première des capacités du programme, travaillée avant même qu’on ait eu à la nommer. Les articles son en anglais, mais restent largement accessibles pour des élèves de Première qui sont tout de même censés ne pas découvrir la langue …
Reste l’essentiel, celui que nous poursuivons tous : nous ne formons pas des cinéphiles, nous formons des citoyens capables de lire la puissance là où elle se dissimule le mieux, dans les images qui les divertissent. Nollywood n’est qu’un prétexte magnifique. Le vrai sujet, c’est le regard que nous armons pour l’année qui s’ouvre.
Cadre
– Niveau : Première, spécialité HGGSP. Séance introductive, avant le thème 1.
– Durée : 2 h (variante 1 h + travail maison en fin de fiche).
– Support de méthode : la grille d’analyse de spécialité (les 4 approches + esprit critique).
– Objet d’étude : Nollywood — un objet volontairement inattendu pour donner envie et montrer que « tout peut se lire en HGGSP ».
Objectifs de la séance
– Découvrir la démarche propre à la HGGSP : croiser quatre approches (histoire, géographie, sciences politiques, géopolitique) sur un même objet.
– Éprouver la place centrale de la géopolitique et l’exigence d’esprit critique (fiabilité, datation et angle des sources).
– S’approprier la grille d’analyse et passer concrètement d’un document à un thème, puis à un sujet.
– Travailler l’écrit manuscrit, le classement de l’information et la synthèse (règle 4).
Problématique
En quoi Nollywood est-il bien plus qu’une industrie du cinéma — un objet qui ne se comprend qu’en croisant l’histoire, la géographie, les sciences politiques et la géopolitique ?
Corpus (4 ressources) déposé sur PEARLTREES

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