« Les évolutions des formes de la guerre du XVIIIe siècle à nos jours » est un sujet classique en apparence. Le piège tient dans le mot « évolutions », qui semble appeler une fresque progressive alors qu’il dissimule la vraie question : la guerre a-t-elle une histoire, ou seulement des formes successives sous une nature qui ne bouge pas? Le sujet est donc clausewitzien dans son ossature même, avant qu’on ait écrit une ligne. Je propose ici d’explorer le sujet en trois phases. En partant du temps disponible pour un ou une élève, 2H à 2H30 pour laisser du temps pour le commentaire de document, une analyse du sujet sous la forme d’un plan détaillé.
Suivra alors un exemple de copie pouvant être rédigé par un ou une élève, avant de prendre plus de temps pour explorer la richesse du sujet de façon plus approfondie. Ainsi les collègues disposeront de bases pour alimenter les futurs cours et réflexions sur ce thème.
Analyse liminaire
Le sujet semble appeler une fresque progressive et n’en appelle aucune. Le mot décisif est formes, qui place d’emblée la réflexion sur la charnière clausewitzienne entre la nature de la guerre, réputée invariable (le duel, la violence, l’objet politique, la trinité du peuple, de l’armée et du gouvernement) et sa grammaire, sa physionomie, qui change d’âge en âge. Le pluriel d’évolutions interdit le récit d’une montée unique et continue : il ouvre sur les ruptures, les coexistences et les retours. Quant au bornage, il n’est pas inerte. Le XVIIIe siècle offre l’étalon de la guerre bornée, mais il porte déjà sa propre rupture, puisque Guibert prophétise dès 1772 l’armée de citoyens qui renversera l’Europe.
Le fil retenu n’est donc ni la chronologie pour elle-même, ni l’inventaire des typologies, mais le rapport mouvant des formes au concept de guerre : la forme s’affirme, puis se totalise et s’inverse, enfin se disperse jusqu’à menacer le concept lui-même.
Problématique
Dans quelle mesure l’évolution des formes de la guerre, du XVIIIe siècle à nos jours, ne suit-elle pas une ligne ascendante vers la totalisation, mais une redistribution permanente dont 1945 inverse le sens, et qui finit par excéder le concept même de guerre ?
Réflexion sur le plan
Partons sur une approche classique en trois parties :
I – La guerre réglée du XVIIIe siècle s’impose d’abord comme étalon de la forme, alors même qu’elle gestait sa totalisation et qu’elle reléguait dans ses marges un irrégulier pourtant consubstantiel.
II – L’année 1945 constitue le pivot : la totalisation industrielle aboutit à l’inversion de Clausewitz, puis l’arme absolue, en réalisant et en interdisant d’un même geste la guerre absolue, refoule la violence vers les formes anciennes revalorisées.
III – Le présent disperse enfin la forme : la puissance, doublement impuissante, cède le terrain décisif à la volonté et à la conscience, jusqu’à la dissolution du mot lui-même.
Deux sous-parties, pour tenir le temps …
1 – Le plan détaillé

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