Thème trois : la IIIème République en 1914 : régime politique, empire colonial

Permanences et mutations de la société française jusqu’en 1914

Points de passage et d’ouverture :

  • 1891–la fusillade de Fourmies du 1er mai
  • Les expositions universelles de 1889 et 1900
  • Le Creusot et la famille Schneider

Deuxième partie du thème trois qui cherche à présenter de façon globale la IIIe République en 1914, ces «permanences et mutations de la société française jusqu’en 1914», permettent d’aborder successivement :

  • l’industrialisation et les progrès techniques ;
  • la question ouvrière et le mouvement ouvrier ;
  • l’immigration et la place des étrangers ;
  • l’importance du monde rural et ses difficultés ;
  • l’évolution de la place des femmes.

Encore une fois, si l’on rajoute un des trois points de passage proposés, il semble difficile, dans le volume horaire contraint, de traiter cette partie du thème trois de façon exhaustive.

Il s’agit donc, pour le professeur, de faire un certain nombre de choix, en fonction des priorités qu’il fixe. La partie consacrée à l’histoire politique, précédemment traitée, sans doute plus difficile à aborder pour les élèves, risque d’avoir déjà largement amputé le volume horaire préconisé, entre 11 et 13 heures.

I. Le monde rural, entre permanences et mutations.

L’agriculture occupe, à la veille de la Première Guerre mondiale, près de 40 % des actifs. L’exode rural reste encore limité par son ampleur, même s’il a pu toucher plus fortement les territoires bien reliés au réseau de chemin de fer qui se développe depuis le Second Empire.

On a pu soutenir, sans paradoxe, que le paysan est actuellement le maître de la France. Cela est vrai jusqu’à un certain point, du moins appliqué aux cultivateurs qui ont en leurs mains la moyenne propriété. Depuis que la noblesse a dû vendre en grande partie ses terres à ceux qui jadis les labouraient pour elle, les paysans sont devenus les distributeurs de la vie matérielle : ils ont le pain et le vin ; ils disposent du sort des villes et peuvent y faire l’abondance ou la disette. Il est vrai que leur intérêt est de vendre leurs denrées, et ils n’y manquent point ; mais ils prennent soin de les vendre cher, et ils savent d’autant mieux attendre le moment favorable qu’ils ont à leur disposition, non seulement le marché national, mais encore celui de l’étranger, grâce à la liberté du commerce

1. En politique, l’influence du paysan s’exerce d’une manière moins évidente et avec plus de lenteur, mais elle n’en est pas moins réelle. Sans doute le paysan ne fait pas les révolutions, mais il les défait souvent ; il ne prend aucune part aux mouvements soudains de la population des villes mais il les atténue par sa force d’inertie : on l’a bien vu dans tous les événements de l’histoire moderne de la France.

Ce pouvoir du paysan lui vient du solide point d’appui que lui donne la possession du sol : il est à la fois bourgeois et cultivateur ; il est son propre maître. On compte en France près de huit millions de propriétaires fonciers, sur lesquels cinq millions ont un domaine suffisant pour élever leur possesseur au-dessus de la misère : en comptant les membres de la famille, vingt millions de Française ont donc leur part de la terre. C’est là une proportion qui n’existe dans aucune autre contrée d’Europe ; mais il faut ajouter que près de quatre millions de propriétaires sont exemptés de la cote personnelle, précisément à cause de l’exiguïté de leur domaine, et se trouvent en réalité dans l’indigence.

Élisée Reclus LA CONDITION PAYSANNE Nouvelle géographie universelle… II La France (Paris, 1877). pp. 853-857.

https://clio-texte.clionautes.org/la-condition-paysanne.html

On pourra utiliser ce texte du géographe Élisée Reclus pour nuancer. Dans la version élèves il vaut mieux éviter, pour cette leçon, ce qui se trouvent en italique.

I. Le monde rural, entre permanences et mutations.

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