Voici une proposition de séquence pour l’introduction Thème 5 : « Analyser les relations entre États et religions  / 24-25H».

Il y aura 4 épisodes, la présente Introduction, l’Axe 1, l’Axe 2 puis l’OTC.

Rappels du BO concernant l’introduction :

« Introduction : États et religions aujourd’hui.

*Des relations de natures différentes entre États et religions sur le plan du droit public (séparation, religion officielle…) à partir d’exemples.

*Des degrés variables de libertés de conscience et religieuse (respect de la liberté de croire ou de ne pas croire, de changer de religion, laïcité…) à partir d’exemples.»

En tenant compte de ma progression qui se trouve ici

Progression Première – Spécialité « histoire, géographie, géopolitique, sciences politiques ». Année 2019-2020

Je compte partir sur un total de 4H consacré à cette seule introduction en temps normal. Il s’agira de préciser la nature des relations entre État et religion à travers le monde, de questionner liberté religieuse mais aussi de montrer que la religion fait partie des grilles fondamentales d’analyse en géopolitique.

 

Objectifs

Ce dernier thème est l’occasion de mesurer les progrès depuis le début d’année et de préparer au mieux l’année de terminale pour les élèves qui poursuivront cet enseignement. Le travail en autonomie sera l’une des clés, de même que la confrontation à des outils de réflexions complexes.

 

Notions et Vocabulaire spécifique

– Elles sont à maîtriser sous forme d’une rapide définition avec des auteurs / exemples précis :

États, théocratie, laïcité, sécularisation, athéisme, charia, liberté de conscience, la liberté religieuse, christianisme, judaïsme, islam, bouddhisme, animisme

 

Capacités/Méthodes travaillées

  • Analyser, interroger, adopter une démarche réflexive : ce travail sera essentiellement fait à travers les textes proposés, les podcast et vidéos, seul ou en binôme.
  • Se documenter : nous poursuivons le travail accompli avec nécessité de travailler à partir des livres et revues PUIS d’internet.
  • PIX: s’informer, produire des ressources numériques.
  • S’exprimer à l’oral : passage à l’oral de différents groupes + interventions régulière au tableau dans le cadre de la mise en place des synthèses.

Travail préparatoire

Je demande aux élèves en amont du cours introductif de définir quels sont nos façons de s’informer dans la vie quotidienne et de regarder la vidéo de Jean-François Colosimo.

 

Démarche activité élève

Les dossiers et documents seront déposés sur Pearltrees ET sont vidéoprojetés. Il y aura une partie d’étude de documents et une partie plus magistrale. Dans le cadre du confinement toutes les ressources sont disponibles sur Pearltrees.

***

Scénario

H1 – Introduction : la question religieuse dans le monde au XXIe siècle

H 1 – I – Un retour du fait religieux ?

H 3 – II – État, religion, libertés : les clés d’une analyse

H4 – III – Religion et géopolitique

 

=> L’objectif central de cette introduction est de poser les bases des différentes problématiques : être capable de faire la différence entre un État et une religion, analyser la question de la tolérance et de la tolérance religieuse, préciser le concept de sécularisation. La dernière partie clairement orientée vers la géopolitique est laissée à discrétion. Cet angle d’attaque peut être un peu trop pointu, mais je crois qu’il est utile de l’aborder dès l’introduction afin de gagner du temps pour l’Axe 2 et l’objet de travail conclusif consacré à l’Inde.

Ressources : les documents sont tirés essentiellement du manuel Belin qui est celui des élèves. C’est un choix délibéré d’autant que le passage au numérique impose tout de même de ne pas jeter l’argent et nos ressources en l’air et donc d’utiliser ces ressources numériques. Pour le reste des articles proposés sous forme de pdf, des montages vidéos déposés sur le Pearltrees Clio-Studio et donc accessibles via les liens proposés ici, ainsi que des vidéos directement glanés sur des sites qui seront précisés à chaque fois. La revue Diplomatie pour son numéro 93 est également pleinement mobilisée.

 

***

Les Clionautes multi-écran

Vous souhaitez lire la suite ?

Actifs dans le débat public sur l'enseignement de nos disciplines et de nos pratiques pédagogiques, nous cherchons à proposer des services multiples, à commencer par une maintenance professionnelle de nos sites.

Adhérer aux Clionautes pour accéder aux ressources disponibles dans l'espace réservé ne se limite pas à un simple réflexe consumériste.

La modestie de la cotisation demandée ne saurait donc constituer un obstacle pour un soutien à notre démarche.

 

 

 Introduction : la question religieuse dans le monde au XXIe siècle

Travail préparatoire : visionner la vidéo extraite des experts du dessous des cartes de Jean-François Colosimo.

  • e Activité 1 : à l’aide des 3 questions du manuel page 270-271, identifier en quoi les relations entre État et religions sont un enjeu diplomatique.

La trace écrite repose sur les réponses aux 3 questions du manuel Belin, à partir d’une carte, d’un texte et d’une photographie de femmes protestants contre le port du voile. Il n’y a pas de difficulté particulière dans cet exercice.

  • e Activité 2 (potentielle selon le temps disponible et les envies) : exploiter l’émission du dessous des cartes de décembre 2018, « Géopolitique des lieux saints »

Problématique : quels sont les enjeux des relations entre État et religion dans un monde marqué par les progrès technologiques et des formes variables d’ouverture ?

I – Un retour du fait religieux ?

« L’univers m’embrasse, et je ne puis songer

Que cette horloge existe et n’est point d’horloger »

Voltaire

A – Vocabulaire

Il me semble important de poser rapidement clairement les bases de la question à travers de nous approche. Dans un premier temps une recherche de vocabulaire afin de faire le tour des connaissances représentations des élèves, puis un questionnement autour de la place du religieux aujourd’hui dans nos sociétés afin de sonder la question d’un retour des religions.

  • e Activité : proposer une définition de la religion. Possibilité de faire une recherche sur Internet, avant une proposition au tableau ou sous forme de dépôts dans une note Pearltrees en quelques lignes.

En fonction des différentes recherches et outils disponibles, il est possible d’insister sur deux notions majeures. Tout d’abord la religion est à la fois universelle et plurielle. On retrouve ses traces depuis la Préhistoire jusqu’à nos jours. C’est une constante de toutes les aires de civilisation ce qui lui donne son caractère universel. Cependant les formes, les pratiques, diffèrent à travers l’espace le temps et il existe une multitude de systèmes de croyances. Si l’on part de l’étymologie il est possible de se baser sur le latin relegere ou religare. Dans le premier cas « recueillir de nouveaux » suggère une idée d’obligation, tandis que dans le second cas « relier » permet de faire le lien entre les êtres humains et les divinités.

B – Retour ou continuité de la religion ?

La vidéo suivante sera laissée dans l’espace Pearltrees afin que les esprits curieux puissent s’en servir. En l’état n’est pas exploitable par les élèves, surtout en classe du fait de sa durée.

Le sentiment religieux a longtemps structuré les sociétés humaines. La religion était un fondement d’ordre social, un repère, quelques soient les régions du monde. Petit à petit cependant, avec une accélération marquée en Occident aux XIXe et XXe siècles, le sentiment religieux semble avoir marqué le pas au point de perdre l’essentiel de son pouvoir social et politique. C’est ici toute l’analyse Marcel Gauchet dans son ouvrage « Le désenchantement du monde ».

Mais dans le même temps Gilles Kepel, dans son ouvrage La revanche de Dieu[1], a démontré qu’à partir des années 70 on peut retrouver une recrudescence des mouvements religieux, potentiellement accéléré par la remise en cause des idéologies comme le Communisme qui s’effondre à la fin des années 80.

La réalité est plus complexe : pour de nombreuses sociétés le retour au religieux n’a pas de sens car, si l’on prend le cas de l’Inde ou de nombreuses régions d’Afrique ou d’Amérique, la religion n’a jamais véritablement disparu. Le retour du religieux semble donc surtout concerner l’Occident, en tout cas cette expression devrait être précisée tout au long de ce thème.

 

II – État, religion, libertés : les clés d’une analyse

Face à la crise actuelle et au confinement imposé, il convient de faire des choix. J’ai donc décidé d’utiliser à plein les 3 dossiers disponibles dans le manuel Belin portant respectivement sur :

  • e Activité « Les relations juridiques différentes entre États et religions »
  • e Activité« La liberté de conscience religieuse, un enjeu géopolitique »
  • e Activité« Laïcité et sécularisation en Europe »

La trace écrite sera constituée par les différentes questions posées page 273,275 et 277.

La synthèse page 278 offre, s’il le faut, des pistes pour une correction complémentaire. Les 3 activités seront corrigées en visioconférence avec les élèves.

*Hypothèse d’un travail en classe en temps normal : 3 groupes sont constitués, un par question. Les élèves travaillent pendant une demi-heure sur les questions posées dans le livre, puis chacun des groupes voit deux de ses représentants venir proposer des éléments de réponse au tableau. Ceci permet donc de faire travailler le travail oral.

III – Religion et géopolitique

=> Utiliser la religion dans les analyses géopolitiques

L’approche peut sembler paradoxale dans le sens où la géopolitique s’intéresse à des relations tangibles, spatiales, tandis que la religion s’intéresse surtout à une relation avec une ou plusieurs divinités, dans un cadre spirituel. Depuis le début de l’année cependant des élèves ont été sensibilisés au fait que les dimensions culturelles sont essentielles en géopolitique. La religion est donc au cœur des problématiques qui nous intéressent dans cet enseignement de spécialité. C’est l’occasion ainsi de rappeler que le thème 2 nous a permis d’aborder les thèses de Samuel Huntington autour des civilisations.

Il est possible de mettre en avant deux questions centrales : comment les États utilisent le fait religieux ? Les religions ont-elles un fonctionnement géopolitique différent de celui des États ?

Face à ces questions quelques éléments de réponse simples s’imposent. Tout d’abord il est très difficile de réduire un peuple ou un État à la seule dimension religieuse. En effet, ces derniers sont constitués d’éléments géographiques, ethniques, historiques, linguistiques ou idéologiques. La religion n’est donc que l’une des grilles de lecture nécessaire pour expliquer des tensions, ou des conflits plus violents. Ensuite il n’y a pas, même au sein d’une religion nommée, d’unité claire. Il existe de nombreuses oppositions internes, par exemple entre Protestants, Catholiques et Orthodoxes chez les Chrétiens, encore entre les Sunnites et Chiites du côté des Musulmans. La religion est en réalité plus souvent instrumentalisée par des États, par exemple pour justifier une cohérence territoriale supposée.

Dans le temps long, au XVIe siècle par exemple, des lignes de fractures religieuses ont nourri les tensions géopolitiques entre d’un côté l’Espagne catholique et l’Angleterre protestante par exemple. Il est aussi possible de citer le cas du fondamentalisme musulman pour contrer l’invasion soviétique de l’Afghanistan, ou encore des profondes fractures religieuses utilisées en Irak entre les Chiites et les Sunnites dans le prolongement de l’invasion américaine de 2003. De la même façon on pourra réutiliser ce qui été vu à propos des frontières lors de l’étude du cas de l’Irlande, entre les Catholiques et Protestants en Ulster.

  • e Activité : mise en pratique. Faire une fiche de lecture de l’article de Alexandra de Mersan consacré à la dimension religieuse dans le dossier Roningya, tiré du numéro 93 de la revue Diplomatie est disponible en annexe.

Cet article met en avant plusieurs lignes de force aisément exploitable :

=> La justification de la violence pour des motifs religieux

=> La question des droits des minorités musulmanes dans un pays majoritairement bouddhiste

=> La question du temps long, avec la présence ici très ancienne de minorités musulmanes, sans que pour autant les tensions soient aussi anciennes. Ces dernières ont été largement nourries par des motifs politiques, liés à la période coloniale, ou encore la Seconde Guerre mondiale. Il est aussi possible de remarquer que la décolonisation a généré ses propres logiques de tension autour de la question de la place de l’Islam en Birmanie.

Un pont avec le thème 3 consacré aux frontières sera fait, avec ici la dimension religieuse de ces dernières confrontées aux frontières spirituelles.

 

***

Conclusion : les bases sont posées et il est à présent possible de passer à l’Axe 1 !

***

Ressources annexes

 

[1] Voir https://www.persee.fr/doc/assr_0335-5985_1991_num_74_1_1592_t1_0263_0000_4