Axe 1 – Exploiter, préserver et protéger : ce cours fait directement suite au travail initié en introduction que vous pourrez trouver ici

 

INTRODUCTION

 

Rappels du BO :

« Axe 1 – Exploiter, préserver et protéger

Jalon 1 – Exploiter et protéger une ressource « naturelle » : la forêt française depuis Colbert.

Jalon 2 – Le rôle des individus et des sociétés dans l’évolution des milieux : « révolution néolithique » et « révolution industrielle », deux ruptures ?»

 

Le premier Jalon sera abordé dans le cours en exploitant les ressources du manuel. Le Jalon 2 sera traité sous la forme de deux exposés complétés de ressources spécifiques.

 

Objectifs

Continuer à développer plus avant le travail personnel et de recherche.

Poursuivre la mise en place des fiches de révision et donc gérer le temps de travail sur la durée.

Finaliser le travail autour du commentaire de document et travailler la composition.

 

Notions / Vocabulaire spécifique

– À maîtriser sous forme d’une rapide définition avec des auteurs / exemples précis :

Révolution néolithique, anthropisation, Révolution industrielle, parc national, conservation, préservation, développement durable, décroissance, anthropocène, écologisme, empreinte écologique, forêt primaire, risque, société civile, défrichements

 

Capacités/Méthodes travaillées

  • Analyser, interroger, adopter une démarche réflexive : ce travail sera essentiellement fait à travers les textes proposés, seul ou en binôme.
  • Se documenter : cet axe offre le premier temps de passage à l’oral donc il faudra effectuer des travaux de recherche. On va une nouvelle fois insister sur la nécessité de travailler à partir des livres et revues PUIS d’internet.
  • Travailler de manière autonome : ceci sera testé en fin de séquence avec un QCM Des fiches de recherches seront proposées, à déposer sur Pearltrees.
  • S’exprimer à l’oral : passage à l’oral durant le cours.

Durée

7h  + 1h d’évaluation commentaire de document.

 

Travail préparatoire

Un travail de réflexion préparatoire a concerné le cours introductif et l’étude du film Soleil vert. Les élèves ont eu accès à certaines ressources sur Pearltrees afin de préparer cette séquence est tout ce qui a pu avoir été vu en géographie sera remobilisé.

 

Démarche activité élève

Travail seul ou en binôme sur des corpus documentaires, des textes, des présentations de recherches. Pour celles et ceux qui seront inscrits aux exposés passage à l’oral.

 

Évaluation

QCM test et commentaire de document.

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Scénario

H1 – Introduction  : « Notre maison brûle »

H 2-3 – I – Les espaces sous tension

H 4-5 – II – Le temps long : les révolutions humaines et leur impact sur l’environnement

H 6-7 – III – Une géopolitique de l’environnement

 

=> J’ai plusieurs objectifs tout au long de ce premier Axe. Tout d’abord, ancrer les questionnements en partant de l’actualité et d’un cas plus concret pour certains élèves, à travers l’étude des littoraux de la « Riviera française ». Puis, tout en inscrivant ces questionnements dans le temps long, je compte utiliser à plein les ressources du manuel et travailler l’oral avec plus d’attente que lors du précédent thème. Une large place sera faite à l’éducation aux médias, à travers l’étude de différentes séquences vidéos lorsque c’est utile, mais aussi un cap sera franchi avec l’exploitation plus soutenue d’articles complexes.

Bien entendu tout ceci se fait dans un cas particulier, celui de la Covid 19, et du possible au confinement qui pourrait suivre. Donc à chaque fois plusieurs scénarios seront envisagés. Toutes mes propositions sont des pistes et non des références. Je teste beaucoup de choses, tout en essayant de respecter les horaires, de faire face aux contraintes bref, tout sera de bien meilleure qualité un jour, lorsque j’aurai le temps de revenir tranquillement sur ce qui a fonctionné, ou non.

Ressources : les documents sont tirés essentiellement des divers manuels et les références sont précisées à chaque fois. Pour le reste comme d’habitude tout est déposé sur Pearltrees.

***

 

Les Clionautes multi-écran

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Actifs dans le débat public sur l'enseignement de nos disciplines et de nos pratiques pédagogiques, nous cherchons à proposer des services multiples, à commencer par une maintenance professionnelle de nos sites.

Adhérer aux Clionautes pour accéder aux ressources disponibles dans l'espace réservé ne se limite pas à un simple réflexe consumériste.

La modestie de la cotisation demandée ne saurait donc constituer un obstacle pour un soutien à notre démarche.

 

Introduction  – « Notre maison brûle »

 

Point d’entrée : comparaison rapide de 3 extraits mettant en scène successivement les présidents Jacques Chirac et Emmanuel Macron puis Greta Thunberg comme égérie de la société civile déjà présentée en introduction.

Reprise avec les élèves : si, très clairement, la question du changement climatique appartient plus spécifiquement à l’Axe 2, il est néanmoins possible d’inscrire dans le temps long l’idée que l’Homme épuise les ressources de la Terre et que ce constat est partagé depuis de nombreuses années à la fois par des dirigeants politiques de premier plan mais aussi par des nouveaux acteurs plus informels, que l’on pourra résumer par la société civile.

  • Amorce geek : Blade Runner et le ciel de Californie

L’article suivant est laissé à disposition pour les élèves afin de travailler l’amorce de la composition, à travers le regard singulier de la science-fiction et plus particulièrement du film Blade Runner 2049. L’introduction a parlé de SF, ce sera donc un peu un fil conducteur tout au long de ce thème.

https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/incendies-en-californie/etats-unis-un-inquietant-ciel-orange-a-san-francisco-a-cause-d-incendies-historiques_4100471.html

  • e Activité 1 : étude d’une séquence basée sur le documentaire Home de Yann Arthus Bertrand. La séquence vidéo se fait à partir d’un montage d’une séquence dont vous pourrez retrouver l’intégralité ici :

Je décide de faire montage en partant de la déforestation, puis de l’évocation du sinistre destin de l’île de Pâques et, enfin, des destructions environnementales actuelles causées par des activités humaines. Le questionnaire suivant est donné aux élèves pour guider la réflexion :

  • 1 – Quels sont les dangers représentés par une déforestation massive ?
  • 2– Comment expliquer l’hyper concentration des ressources au détriment d’une quantité importante de la population mondiale ?
  • 3 – Quels sont les risques pour les sociétés humaines ?
  • 4 – Quels sont les risques d’une exploitation intensive des ressources pour l’environnement ?

Le documentaire met bien en avant à la fois la destruction d’environnement mais aussi les risques pour nos propres sociétés. Il sera aisé de faire remarquer les risques liés à l’érosion des sols, à la pollution extrême, les impacts induits sur le climat, la montée des océans, mais aussi les souffrances imposées aux plus pauvres tout comme, au bout du chemin, aux sociétés les plus développés à l’image des risques pesant sur les métropoles littorales. Bref nous sommes totalement dans l’esprit de l’Axe 1 – Exploiter, préserver et protéger.

Problématique générale : Comment les sociétés humaines interagissent avec leur milieu ?

 

***

 

I – Les espaces sous tension

Avant de m’intéresser au temps long j’ai décidé d’utiliser le Jalon 1 consacré à la forêt française, puis à une étude plus large consacrée au littoral français méditerranéen afin d’analyser ces questions dans une réalité plus tangible pour les élèves.

 

A – La forêt, une ressource confrontée au difficile équilibre entre exploitation et préservation

  • e Activité 1 : Jalon 1 – Exploiter et protéger une ressource « naturelle » : la forêt française depuis Colbert.

=> Ce jalon est traité intégralement grâce à l’aide du manuel Nathan. Il me semble trop ciblé technique pour faire l’objet d’un exposé réellement efficace et je préfère consacrer à la prise de parole orale avec une analyse qui va élargir la focale, au-delà des forêts françaises. La trace écrite sera constituée des réponses aux différentes questions proposées par le manuel.

  • e Activité 2 : préparer une présentation orale devant la classe.

Dans la perspective du Grand oral les élèves vont devoir, sous la forme de 3 groupes, présenter un état des lieux des problématiques concernant les forêts dans le monde. Pour se faire différentes ressources sont proposées. Ces dernières sont exploitées en classe, grâce aux tablettes et à la connexion wi-fi. Il s’agit d’un travail de groupe, qui fera l’objet d’une évaluation. Les élèves disposent de 20 minutes pour préparer leur présentation orale. Un premier groupe passera à l’oral. Un second groupe désigné pour poser les questions. Un 3e groupe devra proposer une correction en se basant sur la prestation des 2 précédents. Il y a donc une part de d’évaluation et chacun doit être pleinement mobilisé.

Voici les ressources mises à disposition :

https://www.franceculture.fr/environnement/2019-annee-sous-les-feux

La trace écrite sera constituée par la mise en commun des différentes synthèses et les prises de notes qui seront mises à disposition pour toute la classe sur Pearltrees.

 

B – Le littoral méditerranéen, un espace confronté au difficile équilibre entre exploitation et préservation

L’approche sera ici clairement plus magistrale car nous partons d’un espace connu des élèves. Il ne s’agit donc pas d’étudier en profondeur le littoral méditerranéen français mais bien de rappeler quelques points saillants relatifs à l’exploitation de l’environnement et tout ce qui en découle.

Un exemple de vidéo pouvant être utilisé en guise de rapide introduction.

Au-delà de cette séquence vidéo le site suivant sera utilisé en guise d’appui afin de disposer de cartes et de statistiques récentes :

http://geo.pnrpaca.org/

 

Les élèves doivent le consulter en amont avec en grille de lecture le titre de la partie.

  • Synthèse des idées essentielles développées :

Le littoral qui court de Nice jusqu’au Golfe de Saint-Tropez est souvent nommé, par facilité, « Côte d’Azur » même si pour être tout à fait précis la « Côte d’Azur » correspond au littoral des Alpes-Maritimes et de l’Estérel, tandis que la Côte des Maures (Fréjus à Hyères) lui est souvent rattachée.

https://www.jarrige.fr/saint-raphael/

 

La grille de lecture ici est populaire, avec l’idée d’un littoral ensoleillé dédié au tourisme. De facto c’est bien cette activité touristique qui, dès le XIXe siècle, a unifié le littoral.

Le tourisme s’est développé grâce à l’attractivité des paysages : les plaines étroites du littoral, longtemps menacée par les pirates marécageuses, à l’image de celles du Golfe de Saint-Tropez, sont devenues extrêmement attractives pour toute de nombreuses activités : Marina, camping, résidence de vacances etc. etc. Ce tropisme s’est développé en s’appuyant sur un climat particulièrement propice : douceur hivernale relatif et surtout une chaleur estivale. Grâce à ce climat particulier, la végétation est particulièrement exubérante et riche.

Le tourisme a commencé à se structurer à la fin du XVIIIe siècle et c’est tout au long de la seconde moitié du XIXe siècle que cet espace s’est affirmé comme la « Côte d’Azur ». Jusqu’à la Première guerre mondiale s’y sont retrouvés les familles fortunées, les écrivains, les peintres, et différentes têtes couronnées[1]. Le tourisme de masse s’est imposé surtout après la Seconde guerre mondiale.

 

Sur la Côte d’Azur – le soleil toute l’année – 1931 – illustration de Roger Broders

 

  • Quel impact pour l’environnement ?

Les activités ancestrales ont réussi à perdurer, à l’image de l’agriculture ou de la pêche. Cantonnée à un rôle économique de plus en plus folklorique, touchée par la pollution de la mer Méditerranée, l’emprise de la pêche est essentiellement résiduelle et il n’y a pas véritablement d’impact significatif sur l’environnement. Concernant l’agriculture, elle a résisté de façon assez variable. La concurrence du tourisme a fait fondre l’espace modelé et jusqu’ici réservé aux cultures de céréales, d’arbres fruitiers, d’oliviers, de légumes, de fleurs et de vignes. Il y a une certaine synergie qui a pu exister entre le chemin de fer apportant les touristes et profitant des productions locales, mais ces espaces sont avant tout considérés comme des réserves foncières. Aujourd’hui une piste de survie vient d’une meilleure prise en compte environnementale avec les productions de type « bio ».

C’est donc avant tout à la fois la congestion humaine et le tourisme qui ont le plus d’impact sur l’environnement. Au-delà de l’exode rural qui a vidé l’arrière-pays montagneux au profit des villes littorales à l’image de Nice, Toulon, ou la conurbation Cannes Grasse Antibes, c’est surtout le décuplement de la population lors de la période estivale qui pose problème. L’environnement a parfois été particulièrement malmené : lotissement envahissant les pentes des collines, offre de transport, golf, Marina, méthanisation de certaines portions du littoral sont autant d’attentes à cet espace.

Malgré les mesures prises, dans le cadre du « Plan bleu » par exemple, la qualité des eaux marines et d’écosystèmes marins sont particulièrement. La frénésie du développement a rendu très difficile aménagement d’une large frange littorale.

=> Transition : définir l’Anthopocène à l’aide de cet extrait et du manuel

L’Anthropocène a été abordé rapidement en introduction, il importe à présent de fixer solidement le concept pour poursuivre notre route dans cet Axe 1 – Exploiter, préserver et protéger.

 

II – Le temps long : les révolutions humaines et leur impact sur l’environnement

Il s’agit maintenant d’aborder la question de l’impact des activités humaines sur l’environnement dans le temps long. Dans un premier temps les élèves sont invités à lire le tableau suivant tiré du livre de Laurent Testot, Cataclysmes, une histoire environnementale de l’humanité, éditions Payot 2017. Les élèves ont découvert cet auteur en introduction et en ont donc une certaine connaissance.

  • e Activité recherche : à l’aide de la tablette et du manuel définir le mot révolution de façon à ce qu’ils correspondent au tableau proposé par Laurent Testot. Le tableau est disponible en annexe.

 

Les bases étant posées, il est temps de s’attaquer aux questions proposées par le Jalon 2 consacré au rôle des individus et des sociétés dans l’évolution des milieux. Dans les deux parties à suivre un exposé permettra de traiter de la « Révolution néolithique » puis de la « Révolution industrielle ». Dans un second temps à chaque fois une mise au point scientifique sera proposée afin d’initier les élèves au travail de recherche et de conceptualisation. La question est de comprendre pourquoi ces deux moments de l’histoire de l’humanité se distinguent des autres au point d’être qualifiés de « révolution ».

 

A – La Révolution Néolithique (Exploiter, préserver et protéger  dans les temps anciens)

=> Exposé des élèves et en complément utilisation du dossier du manuel.

Ressource complémentaire exploitable en cours

 

  •  Approche scientifique : la Révolution Néolithique, analyse d’un concept théorique.

L’expression a été popularisée par l’archéologue australien Gordon Childe qui, dans l’entre-deux-guerres, a forgé ce concept majeur de l’invention de l’agriculture et de l’élevage. Pour Jean-Paul Demoule, ce moment fut absolument décisif comme le rappelle sa description dans son livre Les 10 millénaires oubliés qui ont fait l’histoire, parut chez Fayard en 2017 :

« Pendant 99 % de l’histoire de l’humanité, l’homme a été chasseur, pêcheur et cueilleur. Il y a 12 000 ans seulement, les humains, au nombre de quelques centaines de milliers, nomadiser par petits groupes. Aujourd’hui, c’est et bientôt 9 milliards d’humains, presque tous sédentaires, de la Terre. Leurs sociétés sont très inégalitaires, puisque environ 1 % d’entre eux possède la moitié de la richesse mondiale.

Comment en est-on arrivé là ? Que s’est-il passé pendant ces 10 millénaires trop souvent absents de notre culture générale et médiatique ? Une invention décisive, en plusieurs endroits du club : celle de l’agriculture et de l’élevage. Grâce à elle, la population humaine va s’accroître rapidement, prendre le contrôle de la planète et éliminer un grand nombre d’espèces biologiques. L’expansion démographique continue débouche sur la création des premières villes, des premiers états et, finalement, de l’écriture et de l’histoire…

Cette « révolution néolithique » a vu se mettre en place des pratiques qui ont toujours cours aujourd’hui : le travail, la guerre ou encore la religion. »

Pour les esprits curieux mise à disposition de cette conférence.

 

On doit à John Lubbock, en 1865, la définition du temps néolithique par un matériau, la pierre est une technique nouvelle, la pierre polie en plus d’être taillé. En 1889 un archéologue français, Émile Caraillac emploie le terme de « révolution » pour désigner l’ampleur des mutations de cette époque (La France préhistorique, 1889), avant que l’expression ne soit véritablement popularisée par Gordon Childe en 1925 dans son ouvrage The Dawn of European Civilization.

Dans ces premières recherches on peut retrouver une approche basée sur l’idée qu’il y aurait eue des civilisations plus ou moins avancées, à partir de foyers initiaux qui se seraient situées au Proche-Orient. Dans cette idée le « Croissant fertile » aurait atteint un stade civilisé tandis que l’Occident aurait atteint ce stade plus tard, après une période « barbare ». Nous sommes en plein positivisme et sa déclinaison scientiste. Les progrès de l’archéologie, à partir des années 50, ont permis de mieux comprendre cette période et de remettre en questions certaines approches. Par exemple, contrairement au modèle de Childe, des vestiges néolithiques antérieurs sont retrouvés en Europe tempérée, particulièrement en Grande-Bretagne et en Bretagne. L’une des clés de lecture à creuser est donc bien celle d’une critique de l’héritage du positivisme et de l’évolutionnisme, avec cette idée qu’il y aurait des voies de développement supérieur et donc doit être inférieur. Depuis les années 60, la multiplication des travaux a permis d’apporter une vision beaucoup plus nuancée du phénomène.

Au cœur de la Révolution Néolithique il est possible d’imposer une idée centrale : un nouveau rapport de l’homme et de son environnement. Contrairement aux chasseurs-cueilleurs qui s’adaptent à son milieu, le développement de l’agriculture permet d’exercer une pression sur le milieu, qui doit être dominé et soumis à des pratiques. Qu’il s’agisse de la recherche sur des croisements de céréales ou sur le développement de la sylviculture, c’est bien l’homme qui prend le pas sur l’environnement. Tandis que le chasseur-cueilleur du paléolithique suit de manière raisonnée une errance s’inscrivant dans une mobilité cyclique en fonction des capacités d’approvisionnement des territoires, le paysan quant à lui s’attache au sol. Il modifie ce dernier, le faisant basculer dans une nouvelle logique d’appropriation et de mise en valeur.

Il était aussi important de noter que cette « révolution néolithique » intervient à l’issue d’un long moment climatique marqué par le froid. À partir de -17 000 environ, le climat se réchauffe ce qui rend possible l’agriculture. Même s’il existe encore des périodes de froid de courte durée vers -10 000 – 9000, l’holocène et le début d’une nouvelle période décisive.

Si on prend le cas du peuplement de l’Europe la recherche actuelle établit les faits suivants tout en soulignant que la recherche reste encore incertaine quant à certaines problématiques :

« Pour l’heure, il faudrait donc imaginer que des colons orientaux, en petit nombre, ont quitté la péninsule anatolienne avec des souches biologiques animales et végétales. En différents lieux, ils auraient rencontré des populations locales au sein desquelles – ou à côté desquels – qui se seraient installés. Ils auraient partagé leur expérience et implanter localement certaines souches. L’acculturation aurait été relativement rapide et la diffusion de la néolithisation opérée par des autochtones, migrants à leur tour. Ce modèle est cohérent avec la documentation archéologique mais il reste incomplet. De nombreux problèmes méthodologiques persistent, en raison de la nature de la documentation, de surcroît inégalement mis à contribution selon les pays. Le travail des paléogénéticiens ne fait que commencer : les premiers résultats laissent entrevoir de belles perspectives, à condition de ne pas s’éloigner des objectifs scientifiques spécifiques. »

Anne Lehoërff, Préhistoire d’Europe, de Neandertal à Vercingétorix, 40 000 – 52 avant notre ère, Mondes Anciens, sous la direction de Joël cornette, Belin 2016

=> Conférence mise à disposition pour les plus curieux

B – La Révolution Industrielle (Exploiter, préserver et protéger au temps de l’industrie ?)

=> Exposé des élèves et en complément utilisation du dossier du manuel.

Documentaire qui peut être potentiellement exploité (pour info le documentaire ne dure que 20 minutes) :

 

  • Approche scientifique : la Révolution Industrielle, analyse d’un concept théorique.

Au cœur de la réflexion nous retrouvons l’opposition entre d’un côté des pays industrialisés, riches et développés et ce qui été qualifié avec Alfred Sauvy de Tiers-monde, un ensemble plus hétérogène et surtout moins développé. Il est donc possible de mettre le doigt sur une première idée qui consiste à dire que l’industrialisation a été un moment clé pour asseoir la domination européenne, occidentales sur le monde. Le problème est que cette industrie station a eu un impact majeur sur l’environnement et que sa diffusion à travers le monde et s’est révélée particulièrement prédatrices pour l’environnement.

Si l’on revient aux sources de l’expression, la paternité découle des travaux de Friedrich Engels en 1845 puis de l’historien anglais Arnold Toynbee en 1884. L’idée centrale est ici de décrire un changement dans le volume et les techniques de production aux rapports sociaux et aux régulations politiques qui en découlent. Dans les années 60, l’économiste américain Rostow formalise une description par étapes de l’histoire des économies développées. Ainsi propose-t-il l’hypothèse d’un décollage, qui constitue la 3e étape.

https://rwer.wordpress.com/2018/05/12/utopia-and-economic-development/

 

Cette approche a été particulièrement contestée en France, mais aussi ailleurs, à la fois par les tenants d’une histoire plus globale[2], par des économistes et des chercheurs en sciences sociales. L’idée est que se serait construit une sorte de mythe autour de la « Révolution industrielle », mythe qu’il s’agit à tout le moins de nuancer pour en montrer le caractère beaucoup moins linéaire et homogène qu’on ne pensait au début. Par exemple travaux récents sur la Chine montrent que dans le cadre de la Global history il est possible de porter un regard beaucoup plus nuancé sur le supposé retard de l’empire du milieu face industries à industrialisation européenne, surtout pour éviter toute europeocentrisme.[3]

  • e Activité : faire une fiche de lecture de l’article suivant

https://www.cairn.info/revue-projet-2015-6-page-14.htm

 

Pour en revenir strictement l’impact de la révolution industrielle sur l’environnement il est possible de mettre en avant ces quelques idées :

Tout d’abord il existe un couplage très clair entre la Révolution industrielle et une forme de « révolution militaire » associant capacité manufacturière, recherche scientifique et course aux armements l’extraction du charbon va par exemple être largement sollicitée avec la généralisation des navires équipés de moteur à vapeur, fait qui se retrouve avec la généralisation du train. Pour en revenir à la guerre il est possible, à la suite des analyses de Jean Michel Valentin, de voir la guerre comme « le moteur de la transformation planétaire au XXe siècle[4] ». Qu’il s’agisse de l’utilisation des gaz de combat lors de la première guerre mondiale, de la destruction de millions d’hectares à travers le monde du fait des combats, mais aussi de la mobilisation totale des ressources pour une guerre qu’il est tout autant. Si l’on vous bout de la logique, l’accès à l’arme nucléaire parvient à au bout de la logique formulée par Clausewitz, dans sa « montée aux extrêmes ».

La modification géophysique de la planète est également induite par la course aux ressources, menée à la fois en Europe et aux États-Unis dans ce qui a été conceptualisé dans l’expression révolution thermo-industrielle[5]. C’est ainsi que le monde naturel et le milieu artificiel s’allient, s’hybrident pour reprendre un terme à la mode, sous diverses formes telle la pollution, la préservation de certains sites selon une volonté humaine (cf Yellow Stone cité en introduction).

Analyse de document potentiel et/ou transition avec le III.

Guerre et anthropocène

Il apparaît donc qu’entre le début du XVIIIe siècle et la fin de la guerre froide en 1990, l’hybridation de la révolution industrielle et de la guerre a accompagné l’émergence de l’anthropocène, déclenchée par la modification des paramètres environnementaux planétaires par la puissance de la machine thermique et des carburants d’origine fossile. Cependant, la puissance propre à l’industrie a installé les affrontements militaires dans des niveaux de violence inédit dans l’histoire, affrontements qui sont devenus des moteurs de la croissance industrielle, autant que la montée aux extrêmes. Cette dynamique aboutit à partir de 1945 à la mise en service des premiers armements nucléaires, dont la multiplication et les usages créent un signal stratigraphique totalement artificiel, signal de l’hybridation intime du système Terre et de l’artificielle isolation du monde par le système industriel en cours de globalisation et ses corollaires que son explosion démographique, l’explosion urbaine et la croissance économique et consumériste. Ce signal stratigraphique porte aussi un sens politique très précis, à savoir que, dès son origine, l’anthropocène est indissociable tant de l’industrie que de la guerre.

Réciproquement, cette nouvelle couche stratigraphique d’origine nucléaire indique l’entrée du monde dans une nouvelle géopolitique à partir de la fin de la Guerre froide, dominée par la compétition mondiale pour les ressources et par la crise planétaire, qui se manifeste en particulier sous la forme du changement climatique.

Jean-Michel Valantin, Géopolitique d’une planète déréglée, le choc de l’Anthropocène, Seuil, 2017.

 

III – Une géopolitique de l’environnement ? Focus sur la question de l’énergie

Pour terminer cette étude je fais le choix de porter un regard plus géopolitique en questionnant trois grilles de lecture. Dans un premier temps, un focus sur une région du monde, l’Afrique puis sur une ressource avant de finir par une question plus générale autour des transports. Il s’agit bien entendu de questionner la relation entre l’homme et son environnement, mais en se focalisant sur la question centrale de l’énergie.

  • e Lecture initiale : article de Jean-Baptiste Noé « Les grands marchés de l’énergie aujourd’hui et demain ». Fiche de lecture potentiellement notée.

 

A – L’Afrique, un potentiel énergétique immense, un environnement menacé ?

  • e Activité : en vous appuyant sur l’article suivant et sur cette vidéo rédiger une synthèse qui devra répondre à la question posée par le titre. Cette synthèse sera à déposer dans l’espace Pearltrees dédié afin d’être accessible à tout le monde.

L’article est disponible en annexe. Il est également possible de s’appuyer sur les souvenirs des élèves issus du programme de Seconde, on ne sait jamais, sommes pas à l’abri d’une bonne surprise.

 

  • e Activité bonus : selon le niveau de la classe et celles offertes par le timing, exploitation du livre numérique suivant, en particulier les 10 premières pages :

http://www.energy-for-africa.fr/files/file/Etude_2050/e.book.pdf

 

B – Le charbon, une ressource prédatrice pour l’environnement, une ressource du futur ?

  • e Activité : analyse d’une émission du dessous des cartes.

À l’aide de cette séquence répondez à la question suivante : en quoi le charbon ne peut pas encore être considéré comme une énergie du passé et quels sont les risques géopolitiques et environnementaux qui en découlent ?

La COP 21 s’est inscrite dans l’idée d’une trajectoire devant mettre fin avec le charbon. L’hostilité vis-à-vis de cette ressource est ancienne et facilement mesurable : dénonciation des pollutions de l’air, de l’eau, des sols engendrés par son extraction et sa combustion ainsi que, depuis les années 80, le constat de ses effets sur le hausse des émissions de gaz à effet de serre. En 2017 la part du charbon dans ses émissions a dépassé celle du pétrole.

Les ressources en charbon sont très abondantes et offrent relativement peu de contraintes. C’est ainsi l’une des explications essentielles de son exploitation continue, à commencer par celle de la Chine qui couvre ainsi plus de la moitié de ses besoins énergétiques avec le charbon. L’élection de Donald Trump engendré un déclin moins important que prévu dans l’exploitation du charbon. Le déclin avait été amorcé largement par le clean power plan de l’administration Barack Obama, qui était contrebalancée par les appels du pied soutenu de Donald Trump visant à réduire le déclin, mais en aucun cas à y mettre fin[6]. Du côté de l’Europe la rouille et le lignite assure encore une grande part de la consommation d’énergie et la production d’électricité en Pologne, tandis que la Turquie a elle largement augmentée sa consommation[7].

Aujourd’hui c’est la Chine qui semble devoir être l’arbitre de la trajectoire charbonnière mondiale. C’est ici un enjeu de puissance, qui s’inscrit autant dans la volonté de préserver l’environnement que d’asseoir véritablement l’indépendance énergétique des principales puissances. La mort du charbon semble devoir rester relativement lente, sauf si les « clean coal technologies » se devaient rebattre les cartes[8].

 

C – Les transports, l’énergie, l’environnement : la quadrature du cercle

  • e Activité : Faire la fiche de lecture de l’article suivant, disponible en annexe, et tiré de la revue diplomatie : « Les transports, talon d’Achille de l’énergie »

La trace écrite est donc ici constituée de fiche de lecture de chacun des élèves.

 

***

 

Conclusion – Exploiter, préserver et protéger

Selon les goûts de chacun j’offre ici deux pistes de réflexion. La première consiste à exploiter un article de Nicolas Mazzucchi consacré à une étude prospective des énergies renouvelables, censées mieux protéger l’environnement (voir annexe).

Une ouverture un peu plus geek (merci Cécile Dunouhaud) permet de rappeler que Tolkien fut héros d’une écologie de combat, soucieux de la protection de l’environnement, et surtout très inquiète destruction générée par l’homme.

https://reporterre.net/Tolkien-technocritique-et-heraut-d-une-ecologie-de-combat?fbclid=IwAR0ED8TXZGMivGRkk0Ga8gGk3tpipYoRqQV2LrQXir-bfBZnEUH0WjhuPUs

 

Et quand il sera bouclé, un dossier Clio-Geek introduira en ultra bonus Zardoz et Mad Max en complément. Oui quitte à y aller, autant y aller.

Et maintenant en avant pour l’Axe 2 !!

 

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[1] Voir https://www.departement06.fr/documents/Import/decouvrir-les-am/recherchesregionales197-13.pdf

[2] https://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2009-4-page-153.htm

[3] Voir https://www.cairn.info/magazine-sciences-humaines-2014-1-page-11.htm?contenu=resume

[4] In Géopolitique d’une planète, le choc de l’Anthropocène, Seuil, 2017

[5] https://www.lemonde.fr/planete/article/2011/02/04/jacques-grinevald-la-revolution-thermo-industrielle-bouleverse-la-terre_1475176_3244.html

[6] https://www.lesechos.fr/monde/etats-unis/trump-defait-une-nouvelle-loi-obama-et-lance-son-plan-charbon-136984

[7] https://www.trt.net.tr/francais/economie/2019/01/17/production-de-charbon-la-turquie-bat-un-record-historique-1127079

[8] https://www.encyclopedie-energie.org/captage-et-stockage-du-carbone/

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Ressources annexes