Sous Louis-Philippe, les lois Mackau (1845) prévoient l’enregistrement des esclaves à l’état-civil. Cet acte est extrait du registre d’état-civil des esclaves de la commune de Sainte-Rose. Il est précédé de l’acte de naissance d’une sœur jumelle, Toussine. Le mot «cultivatrice» ne doit tromper personne. La mère, Marianne, est bien une esclave. Le prénom du père n’apparaît pas mais on peut faire le rapprochement avec Toussaint, esclave n°959, dont le nom figure sur l’acte de 1848 qui donne un nom à cette famille de cinq enfants. La lettre du propriétaire de l’habitation est agrafée au dos de la page du registre. L’habitation (plantation antillaise) Subercazeaux se situe à quelques centaines de mètres de Morne-Rouge, Sainte-Rose et reste, à ce jour plantée en cannes. Christine est décédée en 1929 et l’on pouvait encore boire le punch en 1994 avec son petit-fils Hubert dit Bébert, né en 1914. Son petit-fils fut secrétaire des débats du Conseil général et devint maire de sa commune dans les années 1950. L’idée qu’on se fait parfois d’un esclavage qui serait très éloigné des acteurs du XXe siècle est donc fausse.