e-diaspora Atlas
Vous êtes ici : Terminale PROGRAMMES ACTUELS (2012) GÉOGRAPHIE (séries ES et L) : Mondialisation et dynamiques géographiques des territoires Les dynamiques de la mondialisation La mondialisation en fonctionnement

E-diaspora Atlas

Éditions de la maison des sciences de l’homme Collection PratTics 23 €

Evelyne Gayme
dimanche 30 décembre 2012

Avec le pictogramme d’utilisation et une application à télécharger sur app store

L’Atlas des e-diasporas

A partir des années 1990, les technologies de l’information et de la communication sont massivement utilisées, à la fois par les organismes officiels, mais également par des associations issues des diasporas. Or ce vaste corpus n’était ni archivé ni étudié. Quatre-vingt chercheurs, de par le monde, ont entrepris d’étudier 8 000 sites de migrants qui soit sont créés ou gérés par des migrants, soit sont en rapport avec eux. Site personnel ou d’association, blog, forum ou site institutionnel, ils appartiennent à la e-diaspora lorsqu’une collectivité hétérogène de migrants s’organise et est active sur le Web. Les critères d’étude ne résident ni dans la localisation à l’étranger du site, ni dans la fréquence de consultation. Ce qui importe, c’est la direction collective et mouvante car sans cesse redéfinie par les participations volontaires, la production de contenu et l’utilisation de liens hypertextes, c’est-à-dire permettant de passer à un autre document lorsque l’on clique dessus.

Trente corpus de diasporas ont été réalisés, couvrant des communautés aussi variées que les Sikhs, les Russes, les Zorastriens, les Hmongs, les Bretons, les Français expatriés et rapatriés, les Italiens, les juifs…. L’étude du corpus a été réalisée par deux chercheuses. Mme Marta Severo, chercheur à l’Université de Paris I. Elle travaille plus particulièrement sur la communication et la gestion de l’héritage culturel. Elle est consultante auprès de l’UNESCO à ce sujet. Mme Eleonora Zuolo est ingénieure d’études au CNRS, elle s’intéresse aux liens entre migration et intégration et a travaillé avec l’ONU et l’Union européenne sur ces sujets.

Mes élèves des 1ES ont travaillé sur le corpus des Égyptiens. Dans le cadre du concours de la Résistance, portant cette année sur le thème « communiquer pour résister », ils ont ainsi pu prolonger leur réflexion sur la Seconde Guerre mondiale en étudiant une forme de résistance durant la révolte égyptienne. Cette étude est facilement accessible, mais elle est en anglais, ce qui a fait fuir mes élèves qui n’ont donc pas lu le résumé – seulement dix lignes – et à plus forte raison l’article –seize pages – qui suivait. Ils se sont donc confrontés directement aux graphiques interactifs, beaucoup plus attirants visuellement et ludiques. Je n’ai pas guidé leur utilisation du site, je n’en ai pas expliqué le fonctionnement, je leur ai seulement précisé l’origine du projet (ne pas laisser se perdre les données des sites, blogs, tweets, mais les étudier), et je les ai laissé faire.
Tous les groupes restent sur les graphiques interactifs, après s’être rendus compte que la première ressource proposée, l’article de l’étude, était en anglais et à lire. Aucun n’a écouté en entier les explications données par les deux chercheuses (explications filmées, mais en anglais). Comme ils travaillaient sur la Résistance, ils ont d’abord cliqué sur « Frontier Activists », le mot « activist » ayant retenu leur attention, et parce que, arrivés sur cette page, ils ont vu trois dossiers : avant la révolte, pendant la révolte, et après la révolte. Ils utilisent très peu le premier graphique « la cartographie » qui permet de visualiser les liens entre les différentes adresses (mais cela vient peut-être aussi du fait que le temps consacré à cette activité était limité), mais plutôt le second « distribution » qui correspond à ce qu’ils ont l’habitude de lire, même si certains m’ont dit que ce serait plus pratique, si les données étaient présentées verticalement – comme ils en ont l’habitude- au lieu d’horizontalement.

Un tiers de la classe a eu le réflexe – et/ou le besoin- de chercher des renseignements sur la révolte en Egypte avant d’aller plus loin (les autres groupes l’ont fait ponctuellement ensuite) ; un autre tiers (pas les mêmes) a cherché précisément les définitions de blogs, site, tweet…. qu’ils n’arrivaient pas à bien définir entre eux alors qu’ils avaient le sentiment de maîtriser totalement l’outil informatique.
Les élèves travaillent en groupe et ont mené l’étude en 4 heures. Ils font appel à moi pour avoir des confirmations de ce qu’ils comprennent, mais ils comprennent bien. Ils ont par exemple bien compris l’importance de twitter, des blogs, c’est-à-dire des sites individuels, pour étudier la révolte. Ils ont été étonnés de voir que les adresses sont en Egypte, que la langue utilisée est principalement l’arabe.

Les deux chercheuses expliquent qu’effectivement, il a fallu combiner les données de Web 1.0 (les sites, les blogs…) et de Web 2.0 ( les réseaux sociaux) pour voir apparaître une e-diaspora égyptienne, et que c’est l’étude de twitter qui a permis de voir apparaître l’émergence d’une communauté égyptienne transnationale débattant et luttant pour une cause commune : le droit de vote, pour les Egyptiens, puis après une forte mobilisation de la e-diaspora égyptienne, pour les migrants aussi.

Après ce travail, j’ai demandé aux élèves ce qu’ils ont pensé de ce site : voici quelques témoignages de groupes, parmi d’autres :

« Nous pensons que le site de e-diaspora récapitule les différents moyens de communication. Notre travail, qui consistait à faire des recherches sur la révolte égyptienne, a été plus facile avec ce site. Mais il faudrait un peu plus d’explications, de dates, à l’écrit. Et ce serait peut-être meilleur pour certaines personnes s’il y avait la possibilité de choisir d’autres langues que l’anglais pour faciliter la compréhension de certaines personnes qui ne comprendraient pas l’anglais ».
« Site facile à comprendre, grande simplicité d’utilisation, mais il faudrait cependant mettre davantage de renseignements ».
« Très bon site d’informations sur la révolte, cependant il faudrait intégrer plus de renseignements sur les pourcentages ».
« un très bon site, riche en information, les tableaux statistiques sont très faciles à comprendre, mais ces derniers manquent un peu de renseignements. Si le site avait une version française avec les informations en français, il serait parfait ».
« Nous trouvons que cette idée est intéressante et nouvelle. On a trouvé que la présentation était bien organisée même si c’est en anglais. Et le fait d’analyser les communications des révoltes dans tout le monde avec les moyens d’aujourd’hui, nous semble enrichissant pour nous et tous les jeunes car c’est plus actuel ».

Evelyne Gayme et une classe de 1ES
du lycée Jacques-Brel de La Courneuve (Seine-Saint-Denis)

Par Evelyne Gayme

Clio-Lycée 2018

Licence Creative Commons
Les Clionautes sous licence Creative Commons Attribution
Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International

Site développé avec SPIP, un programme sous licence GNU/GPL.

Design et Squelettes : B. Modica & X. Birnie-Scott pour Clio-Lycée.

Hébergement Clio-Lycée par