À travers cette première réflexion autour d’une mise en forme du nouveau programme de spécialité « Sciences numériques et technologie » je me propose de dégager les différents enjeux posés par ce programme et de proposer des pistes de travail.

Tout d’abord il s’agit de réfléchir à une mis en œuvre en fonction des horaires officiels, soit 7 thèmes que le BO nous conseille de traiter à raison de quatre semaines par thèmes. Ce dernier précise également les éléments suivant :

La présentation de chaque thème débute par des éléments de culture scientifique et technologique qui peuvent proposer des repères historiques, expliciter les concepts et décrire les impacts sur les pratiques humaines des technologies présentées. Elle se termine par un tableau qui circonscrit précisément les connaissances et les capacités attendues des élèves, puis d’une liste, non exhaustive ni impérative, d’activités qui peuvent être menées avec les élèves.

Cet enseignement a vocation à multiplier les occasions de mise en activité des élèves, sous des formes variées (exposés, travaux en groupe, mini-projets, productions individuelles ou collectives, etc.) qui permettent de développer des compétences transversales :

* faire preuve d’autonomie, d’initiative et de créativité ;

* présenter un problème ou sa solution, développer une argumentation dans le cadre d’un débat ;

* coopérer au sein d’une équipe ;

* rechercher de l’information, apprendre à utiliser des sources de qualité, partager des ressources ;

* faire un usage responsable et critique des sciences et technologies numériques.

Cet enseignement contribue au développement des compétences orales à travers notamment la pratique de l’argumentation. Celle-ci conduit à préciser sa pensée et à expliciter son raisonnement de manière à convaincre.

 

En bonus il nous est demandé de faire de la programmation, enfin un peu, à travers du Python et la mise en place d’algorithmes simples. Cet enseignement, totalement nouveau, sera dispensé par des collègues de matières très différentes. Si je prends le cas de mon établissement il y aura deux enseignants d’HG, un de Sciences Physiques et deux collègues de maths venant sans aucun entrain. Ils sont bien décidés à faire des maths car ils ont été formés à faire des maths donc ce sera du Python, le reste on verra.

Plusieurs problèmes se posent :

=> Il faut pratiquer l’informatique donc avoir accès à des salles informatiques. Chez nous passage aux tablettes numériques + WIFI oblige, nous pourrons contourner le problème en proposant des activités en classe normale.

=> Les élèves seront en classe (groupes de 24 chez nous, c’était non négociable) entière, sans filtre de base. Ceci signifie que le niveau des élèves sera très différent selon les cas de figure. Contrairement à une idée reçue nos élèves shooté aux écrans sont médiocres, les bonnes années, dans l’usage du numérique. Leur culture numérique est parfois proche du zéro, leur appétence technique est clairement nulle (ce qui se retrouvait d’ailleurs chez des élèves qui avaient choisi ICN les années précédentes), leur sensibilisation aux questions de sécurité quasi nulle. Ce sont d’excellents consommateurs, ils arrivent le plus souvent en Seconde en ayant quasiment tout oublié des cours de Techno, la maîtrise du simple traitement de texte est au mieux moyenne, trop souvent pitoyable. Ce constat semble sombre mais je constate, pour m’occuper des questions numériques depuis 20 ans que les élèves étaient finalement meilleurs et plus intéressés en 2001 que  maintenant. L’ère des bidouilleurs est passé dans mon établissement et rares sont les élèves à vraiment maîtriser les bases en entrant en Seconde. Ces éléments sont à prendre en compte dans la construction de cet enseignement que je considère comme l’une des grandes réussites potentielles de cette réforme, pour peu qu’on essaie de jouer le jeu.

Plusieurs pistes pédagogiques sont proposées dans les manuels qui sont globalement bien faits et finalement explorent des pistes pédagogiques diverses et riches. Il faudra voir à l’usage, je suis certain que selon les classes un cours / activité donné fonctionnera mieux  qu’avec une autre, nous allons devoir bricoler mais nous devrions aussi pouvoir, je l’espère, nous amuser un peu à explorer des territoires vierges. Nous travaillerons en équipe (enfin avec les profs de maths on verra s’ils veulent faire autre chose que du python) et nous avons décidé de marquer de notre empreinte spécifique cet enseignement dans la mesure du respect du programme. Donc il y aura, me concernant, une approche orientée vers l’histoire-géographie plus ou moins affirmée selon les possibilités.

Objectifs et modalité de travail

=> utilisation de Pearltrees comme support principal pour la diffusion des cours et exercices et ressources. Ce sera très clairement un bureau virtuel que nous espérons fécond.

=> il y aura une alternance de connaissances apportées par mes soins et d’exercices pratiques. Donc du codage, du montage si besoin, bref de l’informatique, des maths, des algorithmes.

=> utilisation de support vidéos, d’articles : ici approche classique de nos enseignements.

=> mon projet sera orienté vers la mise en place d’une véritable culture numérique. Les élèves auront donc des bases attendues mais aussi une ouverture vers l’Éducation aux médias et la Culture Geek, dans le sens de Clio-Geek. Je ne m’interdis donc pas de m’égarer selon les possibilités sur les pages du Neuromancien de William Gibson …

Ce travail est bien entendu totalement soumis à la critique. Les ajustements de fin d’année proposés par les fiches Eduscol seront, le moment venu, pris en compte dans une version amendée de cette première programmation. Histoire de simplifier aussi les choses, il est prévu d’inclure les parcours PIX dans le protocole, selon des modalités qui restent à définir. C’est d’ailleurs un sacré défi et il sera intéressant de voir dans un an ce que nous aurons pu mettre en place, ou non.

Projet pédagogique

J’ai décidé de mettre au cœur de mon année la découverte du cyberespace comme la découverte d’un monde exploré par des voyageurs. Le terme est utilisé à tord et à travers, nous allons essayer de mettre du sens dans ce « cyber ». Les élèves vont être amenés en projet de fin d’année à construire un avatar virtuel soit sous forme d’application, de passeport ou d’un objet connecté. Je vais m’appuyer totalement sur les capacités attendues pour proposer, selon les codes du jeu video, un passage de « levels », un peu sur le mode des passages de ceinture en arts martiaux. On verra en fin d’année où nous arriverons réellement … Projet final prévu pour les semaines 21 / 22/ 23

Problématique annuelle : À la découverte du cyberespace, comment créer mon avatar virtuel responsable ?

 

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