Document 1

Pour Catherine Meur-Férec, géographe à l’Institut universitaire européen de la mer de l’université de Brest (Finistère), l’érosion du littoral, amplifiée par une urbanisation massive en bord de mer, va s’accélérer dans les années futures, causant « des dommages plus fréquents et plus élevés ». Il faudra alors « changer les mentalités » et « internaliser le coût du risque ».

Pourquoi le littoral français est-il si vulnérable aux tempêtes ?

Catherine Meur-Férec : Le littoral français est plus vulnérable qu’il y a cinquante ans. La première raison réside dans l’installation de biens (habitations, commerces, etc.) à proximité de la mer, une urbanisation qui s’est accélérée durant les Trente glorieuses avec la démocratisation du tourisme balnéaire et la périurbanisation près du littoral. Or, la côte est un élément naturel en mouvement. Les dunes, les plages ou les galets font l’objet d’une dynamique intense sous la force de la mer et des vents. En cas de houle de tempête, la dune lâche du sable à la mer – on peut alors perdre jusqu’à dix mètres sur le littoral – qu’elle récupère lors des houles de beau temps.
En durcissant la ligne de rivage, on empêche ces échanges naturels de sédiments. Quand des houles de tempêtes arrivent sur une digue, par exemple, elles emportent le sable non pas des dunes mais de la plage, qui s’amaigrit. Les vagues fragilisent également les constructions en les touchant directement. Au final, le littoral s’érode et recule. On estime qu’un quart du trait de côte métropolitain, soit 1720 kilomètres, recule du fait de l’érosion marine. Ce grignotage, ainsi, que la présence de zones au-dessous du niveau de la mer, entraîne des risques de submersion, c’est-à-dire d’inondations temporaires des habitations et des activités humaines. Selon le ministère de l’écologie, 5900 km2 de terres se situent sous le niveau d’une crue centennale.
Au-delà de l’urbanisation, la vulnérabilité croissante du littoral est également due au changement climatique. Les enregistrements des marégraphes montrent que l’eau monte à raison de 1,5 mm par an depuis 1880, et de 3 mm depuis les dernières décennies. Les prévisions du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) indiquent que cette accélération va se poursuivre avec une hausse qui pourrait atteindre jusqu’à 1 mètre d’ici à la fin du siècle.

http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/02/28/les-dommages-lies-a-l-erosion-du-littoral-seront-plus-frequents-et-plus-eleves_4374950_3244.html

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L’immeuble Le Signal, à Soulac-sur-mer (Gironde), n’est plus qu’à 20 mètres à peine d’une falaise de sable. | AFP/JEAN PIERRE MULLER

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PLANS DE PROTECTION MAIS IMBROGLIO JURIDIQUE

Depuis le passage de la tempête Xynthia, qui a fait 53 morts, dont 35 dans le seul département de la Vendée, et de nombreux déplacés suite aux inondations, de nouvelles actions ont été menées pour enrayer l’érosion du trait de côte. Un plan digue a été mis en place en février 2011 avec, à la clef, 500 millions d’euros d’aides du Fonds prévention des risques naturels majeurs (Fonds Barnier) sur cinq ans afin de renforcer les protections et systèmes d’alerte.

Fin décembre 2012, cinq collectivités locales de métropole et d’outre-mer ont également été retenues par un appel à projets du ministère de l’écologie, dans le cadre d’une stratégie nationale de gestion du trait de côte, pour mener des démarches pilotes de relocalisation des activités et des biens menacés par les risques littoraux. Leur démarche sera financée à hauteur de 600 000 euros sur deux ans. Le GIP Aquitaine, qui porte un projet pour les communes de Lacanau, la Teste-de-Buch (33) et Labenne (40), rendra les premières conclusions de faisabilité à la fin de l’année.

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Une digue de rochers construite à Soulac-sur-mer. AFP/ MULLER

Sept autres secteurs de la région ont par ailleurs été identifiés par le GIP pour mettre en place des plans d’action (construction d’ouvrages, rechargement sédimentaire, etc.) pour lutter contre l’érosion. « Le problème reste le financement : les plans d’action se chiffrent à plusieurs millions d’euros par commune. Ces dernières ne peuvent pas en supporter seules la charge. L’Etat doit nous aider », alerte Renaud Lagrave, président du GIP et vice-président du conseil régional d’Aquitaine.

Le problème, c’est qu’au nom d’une loi de 1807, l’Etat n’a pas d’obligation de protéger le trait de côte – même s’il peut se décider à intervenir. Ce sont à ceux des propriétaires qui bénéficient d’une protection de payer. « Mais souvent, les habitants ne peuvent ou ne veulent pas le faire, rétorquant que les pouvoirs publics ont accepté leurs permis de construire, souligne Patrick Bazin. On se situe alors dans un imbroglio juridique pour savoir qui doit payer les travaux ainsi que les indemnités pour les propriétaires obligés d’abandonner leur maison : les habitants, les collectivités ou l’Etat ? » Pendant ce temps, les plans mis en place restent bloqués, risquant l’ensablement.

Audrey Garric
Journaliste multimédia

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La maison de l’Amélie, à Soulac-sur-Mer (Gironde), toute proche du vide en raison de l’érosion. Lundi 6 janvier, des engins travaillaient à renforcer la falaise de sable. | AFP/JEAN-PIERRE MULLER

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Questions

Quels sont les différents facteurs de vulnérabilité face aux tempêtes ?
Sur la photo 4 quelle a été la solution adoptée ?
Selon l’auteur du document 1, cette solution est-elle adaptée ?
Quelle est la nature de la menace ? (Doc 2 & 5)
Quels sont les différents problèmes posés par cette érosion du littoral ? (Documents 3 & 6)

Synthèse:

À l’aide des documents et des réponses aux questions, rédiger un synthèse organisée sur les aménagements du littoral et leurs conséquences aussi bien au niveau des risques que du développement économique.