Voici quelques propositions de travail et des remarques à partir de l’ouvrage » Cartes et documents en Histoire-Géographie » dont la critique générale est disponible sur la Cliothèque.

http://clio-cr.clionautes.org/spip.php?article4482#.UWwJwMqPOwg

Quelles propositions en histoire ?

Comment traiter la seigneurie ?

Dans ce chapitre, sont clairement distingués les documents « élève » et les documents « professeur ». L’activité proposée se décompose en trois temps : la seigneurie restructure le territoire et transforme les paysages puis les rapports au sein de la seigneurie et les liens de féodalité, et enfin la domination de l’Eglise dans la société médiévale. Auront ainsi été travaillées les capacités suivantes : changer les échelles, exploiter et confronter des informations et organiser et synthétiser des informations.
Le schéma, pour le coup suffisamment décomposé, sur une seigneurie est très pratique et très synthétique. En revanche peu pratique : le croquis vierge de la seigneurie est dans le cd et la version complète sur le site compagnon ! En fait si l’on clique sur « afficher-imprimer » on dispose du document vierge et du document complété mais dans ce cas sans le côté progressif de la légende : on aurait pu imaginer une circulation plus fluide !
En revanche ce qui est plutôt bien c’est de proposer de compléter au fur et à mesure sur le fond de carte ce qui vient d’être mis en évidence sur la seigneurie (malgré une coquille dans la consigne sur deuxième et troisième partie du croquis). Le document 8 propose habilement de remplacer une trace écrite par une coupe d’une église paroissiale.

La séquence sur les nouveaux horizons

Détaillons une des activités, à savoir la troisième proposé page 103. Elle invite à réaliser un ou deux croquis sur le thème :  » les Grandes découvertes : l’élargissement du monde connu ». Sont repérés les éléments à faire figurer en liaison notamment avec un exercice précédent. Sauf erreur, il n’existe pas de proposition de corrigé : c’est pourtant à cela que pourrait servir le site compagnon.
Cette réalisation graphique pourrait effectivement être une bonne proposition de travail à la maison avec son aspect récapitulatif.

En géographie, nourrir les hommes avec l’agriculture brésilienne

Une douzaine de documents sont proposés ce qui est un peu fourni pour une étude de cas. On a tendance à se rapprocher de l’inflation documentaire constatée dans certains manuels. Le constat est le même pour l’étude de cas proposée sur New York dans le cadre du chapitre  » aménager les villes ». L’étude de cas est classique mais claire autour des trois temps qui seront mis en perspective ensuite par le cours, à savoir la puissance de l’agriculture, la fracture entre deux mondes agricoles puis la problématique du développement durable.
Lorsque vous êtes identifié vous pouvez consulter une grande partie de l’ouvrage mais pas les propositions : c’est bien dommage quand on voit que les propositions sur ce thème évoquent un site de la Nasa et il est donc impossible de cliquer directement dessus car la page où il apparaît n’est pas dans ce feuilletage en ligne !
Les consignes sont parfois difficilement compréhensibles ou alors il s’agit d’une coquille : en effet, il est proposé que l’élève réalise un schéma sur les contrastes de l’agriculture brésilienne en s’appuyant sur le document 2 : or celui ci est consacré à la population brésilienne. Sans doute faut-il comprendre qu’il faut s’appuyer en fait sur l’activité 2.
Les cartes décomposées sur New York peuvent être utiles : le document 15 par exemple est décomposé en 5 étapes. Sur les infrastructures, ce ne sont pas moins de 5 géolocalisations avec google earth qui sont proposées : on peut ainsi jouer sur l’affichage même si cela a tendance à compliquer les choses dans la gestion des couches.

Une progression possible pour les compétences et capacités

En terme de capacités et méthodes, toutes ne doivent pas être travaillées tout le temps. On peut relever qu’un travail sur « Maitriser des repères chronologiques et spatiaux » dans ses deux dimensions :  » identifier et localiser  » et  » changer les échelles et mettre en relation »  » changer les échelles et mettre en relation » pourra être initié dès le chapitre introductif. Le manuel ne propose pas de l’aborder lors de ce chapitre ce qui est étonnant alors qu’elle est repérée comme liée au chapitre.
Pourtant, avec les documents proposés ici, somme toutes assez classiques car constitués de cartes sur la répartition de la population mondiale à quatre moments différents, ce travail est possible. Le document 5 sur les émigrés italiens permet quant à lui de travailler à  » situer un événement dans un temps court ou un temps long ».
On pourra revenir sur cette capacité comme proposé cette fois par l’ouvrage lors du chapitre sur la société médiévale : la capacité est liée au fait de montrer que la seigneurie est un système évolutif sur trois siècles environ.
Dans celui consacré à l’élargissement du monde, la capacité est travaillée à propos des « grandes découvertes », c’est-à-dire cette fois sur une temporalité plus courte.
Ainsi, en trois temps distincts durant l’année les élèves auraient étudié une temporalité très longue à travers les quatre cartes, une plus réduite de quelques siècles avec la seigneurie, une d’un siècle environ avec les grandes découvertes et enfin un demi-siècle environ avec l’émigration italienne.

© Jean-Pierre Costille Les Clionautes