Le document de 1806

«Basse-Terre (Guadeloupe), le 19 décembre 1806.

Le Directeur particulier du domaine,

Prévient le public, qu »il sera vendu, conformément aux ordres de M. le Général Préfet, et par-devant M. l’Inspecteur colonial, le 5 janvier 1807, au plus offrant et dernier enchérisseur, les nègres ci-après, détenus à la geôle de la Basse-Terre, savoir :

Le nègre épaveÉpave : esclave vieux ou malade, abandonné par le maître., nommé Phaëton, menuisier, âgé d’environ 60 ans, se disant à M Jamet-Delorme, de la Martinique ;

La négresse Suzanne, âgée d’environ 20 ans, provenant des prisesPrise : esclave pouvant provenir des prises en mer. La guerre de course avait été relancée en 1794 par Victor Hugues. Cf. Anne Pérotin, Être patriote sous les Tropiques. La Guadeloupe, la colonisation, la Révolution, Société d’Histoire de la Guadeloupe, Basse-Terre, 1984. Ces événements ont inspiré un roman : Alejo Carpentier, El siglo de las Luces, Mexico, 1962, Le Siècle des Lumières, Folio, Paris, 1963. Cette guerre, qui fit les beaux jours des corsaires et des entrepôts pointois, entraîna des hostilités entre la France et les États-Unis. ;

Le nègre épave, nommé Mathurin, âgé d’environ 15 ans, se disant appartenir à M. Dupaty, de Sainte-Anne ;

La cabresseCabresse ou capresse, capre : on désigne ainsi des personnes noires et relativement claires de peau («claire de peau» est l’expression la plus commune en français des Antilles). Ces classements fondés sur des catégories pseudo-scientifiques erronées, ne se prêtent pas à des définitions précises et rationnelles. nommée Rose, âgée d’environ 6 ans, ne connaissant point de maître; sa mère, nommée Praxelle, marronneMarron, marronne : de l’espagnol cimarron, esclave en fuite. le marronnage pouvait être occasionnel ou définitif. Verbe : marronner. La Société d’histoire de la Guadeloupe a fait éditer les Cahiers de marronnage de la commune du Moule. depuis longtemps.

Les réclamations, dans le cas,où il s’en présenterait, doivent être adressées à la direction particulière du domaine, avant le 4 janvier 1807.

Laniboire

Vu et approuvé par le Général de brigade Préfet colonial de la Guadeloupe et dépendances.

Kerversau»


Extrait du Code noir
Extrait du Code noir


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