Utiliser en classe l’ouvrage de Bruno Parmentier "Faim zéro"
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Utiliser en classe l’ouvrage de Bruno Parmentier "Faim zéro"

Bruno Modica
mardi 9 septembre 2014

La mise en ligne par Christiane Peyronnard de sa recension de l’ouvrage de Bruno Parmentier a pu inspirer une proposition de séquence adaptée à la question du programme de géographie de seconde, nourrir les hommes.

Il est évidemment tout à fait possible d’extraire de cet ouvrage, voire de sa recension, des textes et des références qui permettent de bâtir une séquence, mais l’utilisation du blog de l’auteur peut également se révéler profitable.

Bruno Parmentier
FAIM ZERO en finir avec la faim dans le monde
Éditions La découverte, 2014, 256p., 19€

mardi 9 septembre 2014, par Christiane Peyronnard

Bruno Parmentier ingénieur et économiste, ancien directeur de l’École supérieure d’agriculture d’Angers livre ici ses dernières réflexions sur le problème de la faim et sur la question de la production agricole mondiale. Homme de conviction il propose un livre destiné au grand public clair et bien documenté qui sera une bonne base pour l’enseignant de géographie .

L’auteur place d’emblée son propos sur le terrain de l’analyse des politiques en matière de production et sécurité alimentaire.

Pour allez plus loin, son blog : http://nourrir-manger.fr/
des vidéos, des textes de fond, un guide méthodologique Raisonner juste en alimentation...

http://clio-cr.clionautes.org/faim-zero-en-finir-avec-la-faim-dans-le-monde.html#.VA8KJWOWkgw

À partir de cette vidéo sur le lecteur exportable, une conception de l’agriculture durable.


Comment nourir l'humanité ? par TVVendee

Deux questions à poser à la classe :

1. Pourquoi l’agriculture telle que nous la connaissons, est-elle d’après Bruno Parmentier, condamnée ?

2. Quels sont les éléments qui font référence à l’agriculture durable qui sont évoqués par Bruno Parmentier ?

Un texte pour comprendre et nuancer

« Prenons l’exemple d’un puits. La question simple : « La construction d’un puits permet-elle de diminuer la faim dans un village ? » peut paraître saugrenue à un esprit occidental choqué par la dure vie de ceux (et surtout celles) qui doivent tous les jours marcher sur plusieurs kilomètres pour ramener quelques bidons d’eau à la potabilité douteuse. Mais la construction d’un « vrai » puits entraîne irrémédiablement l’arrivée dans le village de technologies jusque-là non maîtrisées et d’une monétarisation de la vie économique. Même si le coût du forage et de la pompe est subventionné, il faut s’endetter pour payer l’entretien de celle-ci, puis rembourser ou payer un droit d’utilisation de l’eau, ce qui devient difficile pour ceux qui vivent dans la simple subsistance. Ils doivent donc commencer à vendre une partie de leur récolte et abandonner les cultures vivrières, dont le marché est peu organisé, au profit de cultures d’exportation (thé, café, cacao, arachide, coton, etc.), pour lesquelles on trouve des acheteurs sur place, mais sans aucune maîtrise des prix. Parfois, ils partiront travailler quelques semaines ou quelques mois ailleurs pour compléter les revenus. Très rapidement, le « marché » fait le tri entre ceux qui sont alphabétisés et instruits, qui savent déjà se débrouiller dans la ville voisine, qui parlent la langue des affaires ou des urbains, anglais, français ou espagnol, qui ont un petit pécule… et les autres, qui ne sont absolument pas préparés à cette irruption du modernisme.

Au bout de quelques mois, au plus quelques années, l’apparente égalité entre les villageois est remise en question. À la première mauvaise récolte, ou baisse du cours de leur production, les plus pauvres finissent par céder leur lopin de terre aux plus riches et deviennent ouvriers agricoles ; ils se sont prolétarisés dans un marché de l’emploi qui ne leur est absolument pas favorable[1]. Et fatalement, ils finissent par ne plus pouvoir suffisamment se nourrir et se voient obligés d’immigrer. La boucle est bouclée : le puits a finalement fait progresser la faim dans le village, tandis que l’irrigation qu’il permet augmente la production alimentaire industrielle… à destination des villes. »

  • Quels sont les effets positifs de l’introduction d’un puits dans un village ?
  • Quels en sont les effets négatifs ?
  • Quelle serait la solution ?

Par Bruno Modica

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