Un conflit du Proche-Orient : le conflit israélo-palestinien
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Un conflit du Proche-Orient : le conflit israélo-palestinien

Arthur Flohic
vendredi 30 juin 2017

Un conflit du Proche-Orient : le conflit israélo-palestinien.

Dans quelle mesure le conflit israélo-palestinien s’insère-t-il dans le contexte géographique et historique du Proche et du Moyen Orient de la fin de la Première Guerre mondiale à nos jours ?

Il faut prendre conscience du fait que le conflit israélo-palestinien s’insère dans un contexte géographique et historique plus large marqué par la conflictualité. Par ailleurs Israël a connu de nombreux conflits avec les pays arabes de la région. L’étude des différentes phases de ce conflits doit se faire en même temps que celle concernant le reste de la région. On peut élaborer un plan en trois parties, chronologique, intégrant comme sous-parties les trois grandes phases du conflit israélo- arabe.

  • I – La création d’un foyer national juif est promise par les puissances occidentales.
  • II – La création de l’Etat d’Israël, les guerres israélo-arabes et les accords d’Oslo (1947 – 1995)
  • III. Des accords d’Oslo à nos jours. Les espoirs déçus

I – La création d’un foyer national juif est promise par les puissances occidentales.
1897 : Theodor Herzl organise la conférence de Bâle concernant la réalisation du projet sioniste qui souhaite la création d’un foyer national juif en Palestine.

  • 1917 – Déclaration de Lord Balfour

Contenu – Promesse de la création d’un foyer national juif en Palestine
Objectif : Rassurer les juifs des E.U. qui ont tendance à accorder leur sympathie aux puissances allemande et austro-hongroise qui sont largement plus tolérantes envers les juifs que les Russes… il s’agit aussi de motiver les troupes de confession juive.
Limite : Il ne s’agit que d’une promesse faite dans un moment d’urgence pour agréger toutes les forces possibles (ici l’opinion juive états-unienne qui a un fort poids politique et économique).

Les sources documentaires de Clio-texte

03/01/1919 : Fayçal qui a imposé sa personnalité au PO pendant les révoltes arabes, mais qui n’est pas encore devenu Fayçal Ier, accepte l’idée de la création d’un foyer national juif lorsqu’il rencontre Chaïm Weizmann, chef du mouvement sioniste de l’époque.
1919 – Conférence de la paix. Des représentants arabes s’insurgent contre l’idée d’une installation juive au PO. Fayçal subit les pressions de son entourage.
Mars 1920 – Fayçal est proclamé roi de la Grande Syrie qui impose de fait son indépendance. La France n’accepte pas cela (accord Sykes-Picot) et suite à la conférence internationale de San Remo qui officialise les accords secrets de SP, attaque la GS en avril et renverse définitivement Fayçal en juillet pour prendre possession de « leur part du gâteau ». Le rêve panarabiste qui aurait éventuellement pu laisser naître une nation juive en Palestine (qui n’était pas en GS mais qui l’aurait rejointe si on avait accepté la constitution d’un Etat panarabiste, peut-être…) s’effondre.

1922 – La SDN reconnait les mandats déjà acquis de fait par la France et le R.U.
La région n’accède pas à son indépendance et les frustrations arabes sont très fortes. C’est dans ce contexte de défaite et de colonisation que les juifs d’Europe vont immigrer en masse, soutenus par les puissances colonisatrices qui voient en eux des soutiens sur place.

Face à la création du foyer national juif, le nationalisme palestinien voit le jour.

Selon Camille Mansour, de l’Institut d’études Palestiniennes, le nationalisme palestinien se construit : « simultanément contre le projet britannique et contre le projet sioniste ».
En mars 1920, la Palestine accepte dans l’idée de rejoindre l’Etat de la Grande Syrie à condition que leurs terres soient défendues contre l’immigration juive européenne qui conduit à un rachat massif de terres. Mais avec l’effondrement de la GS en avril 1920, la Palestine fait finalement l’objet, en tant que mandat britannique, d’une immigration juive très importante. La population ne l’accepte pas.

Les Palestiniens se révoltent donc contre l’immigration juive entre 1936 et 1939. Le Royaume-Uni est contraint d’interdire l’immigration juive sur ce territoire.

II – La création de l’État d’Israël, les guerres israélo-arabes et les accords d’Oslo (1947 – 1995)

L’interdiction de l’immigration juive en Palestine dès 1939 est certes une mesure d’urgence mais elle montre que le processus de peuplement du territoire par des juifs européens ne s’est pas fait sans interruption ni entrave de la part de la puissance coloniale.

La Seconde Guerre mondiale va pourtant pousser de nombreux juifs à l’émigration. Nombreux sont ceux qui, ayant échappé à la mort, n’ont pas pu rentrer chez eux du fait du rejet par les populations d’Europe de l’Est. N’ayant nulle part où aller, ils souhaitent se rendre en Palestine.

En 1947, un navire appelé l’Exodus transporte près de 4700 européens juifs vers la Palestine. Les Britanniques empêchent le débarquement de ses passagers qui sont ramenés de force en Allemagne. Les Britanniques ne souhaitent plus gérer le problème de la Palestine et délèguent la gestion du territoire à l’ONU qui décide de reconnaître l’Etat d’Israël et d’élaborer en novembre 1947 un plan de partage du territoire entre Palestiniens et Israéliens. Ce plan de partage est rejeté par les Arabes et est la cause d’une guerre civile qui fait de nombreuses victimes.

Le 14 mai 1948, David Ben Gourion, le principal dirigeant des implantations juives proclame la naissance de l’Etat d’Israël, reconnu alors par l’URSS et par les Etats-Unis. Cette fois, ce sont les autres pays arabes qui déclarent la guerre à ce nouvel Etat.

La 1ère guerre israélo-palestinienne se déroule entre 1948 et 1949 et aboutit à la victoire d’Israël qui décide d’agrandir son territoire. L’armistice de Rhodes met fin aux combats.
800 000 réfugiés palestiniens fuient vers Gaza, la Cisjordanie, le Liban ou d’autres pays arabes tandis que 700 000 juifs arrivent en Israël entre 1948 et 1952.

Partant de là, le PMO est plongé dans un état de conflit quasi-permanent. Israël cherche des alliés auprès des pays occidentaux qui souhaitent eux-aussi avoir un allié dans la région.
La concrétisation de cette alliance se réalise en 1956 lors de la crise du canal de Suez. Le chef de l’Etat égyptien depuis 1952, Gamal Abdel Nasser, décide de nationaliser le canal de Suez, point de passage stratégique propriété de la France et de la Grande Bretagne. Les deux puissances décident de lancer l’offensive avec l’appui d’Israël. Seulement, les Etats-Unis et l’URSS ne condamnent cette intervention colonialiste qui prend donc fin.

  • La guerre de Six jours (5 – 10 juin 1967)

Au mois de mai 1967, Nasser souhaite fermer le détroit de Tiran entre le Golfe d’Aqaba et la Mer Rouge aux Israéliens pour lutter contre cet Etat qu’il considère comme un ennemi de son projet panarabiste. La réponde de l’Etat d’Israël ne se fait pas attendre : le 5 juin, il attaque l’Egypte, la Syrie et la Cisjordanie. Le 10 juin, Israël sort vainqueur de cette guerre et occupe le Sinaï, la Cisjordanie et le Golan.

  • La guerre du Kippour (1973)

Le 6 octobre 1973, alors que les juifs d’Israël fêtent Yom Kippour, les Etats d’Egypte et de Syrie lancent l’attaque contre le pays vainqueur de la guerre de Six jours. Ils espèrent profiter de la surprise pour récupérer leurs territoires perdus… mais Israël réagit suffisamment vite pour repousser leurs offensives et imposer un statu quo. Les pays arabes voisins membres de l’OPEP, en soutien à leurs alliés, décident de faire pression sur la communauté internationale en réduisant la production de pétrole. Ils exigent la restitution par Israël des territoires occupés. Les E.U. soutiennent Israël tandis que l’U.R.S.S. soutient les pays arabes.

En 1978, sous l’impulsion des E.U., l’Egypte accepte de renouer le dialogue avec Israël avec les accords de Camp-David. Israël restitue le Sinaï en échange de la reconnaissance par l’Egypte de son Etat.

  • L’opération « Paix en Galilée »

Dès 1964, la Palestine voit s’organiser un mouvement de résistance à Israël : c’est l’Organisation de Libération de la Palestine, dirigée par Yasser Arafat. L’OLP est soutenue par la Ligue des Etats Arabes qui sont à l’initiative de sa création.

Israël n’a de cesse de lutter contre cette organisation qui s’implante dans les pays arabes voisins. En 1982, l’opération « Paix en Galilée » est lancée contre le Liban afin d’éliminer l’OLP qui s’y est installée. Yasser Arafat, qui était réfugié à Beyrouth, doit fuir en Tunisie.

III. Des accords d’Oslo à nos jours. Les espoirs déçus

Israël doit faire face en 1987 à une révolte populaire dans les territoires occupés de Palestine. C’est l’Intifada. Le pays est dans un cercle vicieux favorisant les conflits et la situation des Palestiniens est préoccupante… Les Etats-Unis, alliés des pays arabes ET d’Israël, souhaitent lancer des négociations entre les pays pour normaliser la situation. Après plusieurs échecs, un grand pas vers la paix est fait en 1993.

Les accords d’Oslo signés entre Israël et l’OLP entraînent leur reconnaissance mutuelle. Ces accords prévoient la création d’une Autorité Palestinienne, présidée par Yasser Arafat en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Malheureusement, les extrémistes des deux camps rejettent ces accords. Même si la bande de Gaza est libérée en 2005 (mais toujours soumise à un embargo), les colons israéliens refusent de quitter leurs propriétés en territoires occupés de Cisjordanie, ce qui n’arrange pas la situation côté palestinien. En 2000, une deuxième Intifada est lancée.

En 2002, un Mur est construit pour séparer les territoires israéliens et la Cisjordanie.

Le Hamas, organisation palestinienne armée, prend le contrôle de la bande de Gaza en 2007. Les attaques contre Israël se multiplient (tirs de roquettes, attentats…). Le Hamas rejette l’Autorité Palestinienne.

Aujourd’hui, le processus de paix n’avance pas. La colonisation en Cisjordanie a été relancée en juin 2017 marquant la volonté de l’Etat israélien de s’implanter toujours plus en « Judée-Samarie ».

  • Conclusion :
    On ne peut aborder le conflit israélo-palestinien sans parler des guerres israélo-arabes.
    L’histoire du peuplement juif de la région au XXe siècle est liée à celle de la colonisation de l’entre-deux-guerres qui a entrainé des conflits dans le PMO. La création de l’État d’Israël et ses luttes pour son maintien s’inscrivent dans un contexte de construction et de consolidation des identités nationales arabes. Les nationalismes israéliens et arabes entrent dans une lutte qui cristallisent les positions.
    Toutefois, on ne peut faire l’impasse sur les nombreux efforts pour la paix qui ont été faits des deux côtés. Ce conflit est complexe et connait des moments de rupture forts dans le sens de la paix comme de la guerre.
    Aujourd’hui, il s’agit d’un des conflits qui préoccupe le plus la communauté internationale du fait des problématiques humanitaires et des problèmes qui sont posés devant le droit international.
    A l’heure actuelle, personne n’est en mesure de proposer un scénario de paix satisfaisant pour toutes les parties impliquées…

Par Arthur Flohic

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