Les mémoires de la guerre d’Algérie
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Étude de documents

Les mémoires de la guerre d’Algérie

Bruno Modica, Charlotte Grimaldi
lundi 11 mai 2015

En quoi ce document (texte ci-dessous) illustre-t-il les problématiques des mémoires de la guerre d’Algérie ?

Le corrigé est déposé dans l’accès privé du site : accessible aux adhérents des Clionautes et dans Clio-tutorat

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  • « Article 1. La Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l’œuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d’Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française.
    Elle reconnaît les souffrances éprouvées et les sacrifices endurés par les rapatriés, les anciens membres des formations supplétives et assimilés, les disparus et les victimes civiles et militaires des événements liés au processus d’indépendance de ces anciens départements et territoires et leur rend, ainsi qu’à leurs familles, solennellement hommage.
  • Article 2. La Nation associe les rapatriés d’Afrique du Nord, les personnes disparues et les populations civiles victimes de massacres ou d’exactions commis durant la guerre d’Algérie et après le 19 mars 1962 en violation des accords d’Evian, ainsi que les victimes civiles des combats de Tunisie et du Maroc, à l’hommage rendu le 5 décembre aux combattants morts pour la France en Afrique du Nord.
  • Article 3. Une fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie, des combats du Maroc et de Tunisie est créée, avec le concours de l’Etat.
  • Article 4. Les programmes de recherche universitaire accordent à l’histoire de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, la place qu’elle mérite. Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit .
    La coopération permettant la mise en relation des sources orales et écrites disponibles en France et à l’étranger est encouragée.
  • Article 5. Sont interdites :
  • toute injure ou diffamation commise envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur qualité vraie ou supposée de harki, d’ancien membre des formations supplétives ou assimilés ;
  • toute apologie des crimes commis contre les harkis et les membres des formations supplétives après les accords d’Evian. »
Loi du 23 février 2005

Conseils : N’oubliez pas de respecter les attendus d’un commentaire : intro avec présentation du doc, pbmatique et annonce du plan, deux ou trois parties dans le développement, conclu avec réponse à la pbmatique et critique du doc (que savez-vous des mémoires de la guerre d’Algérie et que le texte ne vous permet pas d’évoquer ?), le propos doit toujours partir du texte (brèves citations attendues) et utiliser le cours pour l’éclairer, l’expliquer. Le commentaire n’est pas une dissertation (il ne faut dc pas réciter le cours) mais vous ne pouvez commenter un texte sans faire appel à des connaissances extérieures.
Dans ce texte, il est essentiel de souligner l’évolution ds la mémoire de la guerre d’Algérie (qu’est-ce qui change ? Quelle était l’attitude de l’Etat avant ? Pourquoi change-t-il d’attitude ? De quel type de mémoire s’agit-il ici ?) mais aussi de voir qu’il révèle des confits mémoriels encore très vifs.

Attention à la gestion du temps...

Quelques informations complémentaires

Où en est-on ?

Par décret du 15 février 2006, publié au Journal officiel du 16 février, le deuxième alinéa de l’article 4 de cette loi a été abrogé.

Saisi le 26 janvier 2006 par le Premier ministre, le Conseil constitutionnel, par une décision du 31 janvier 2006, avait déclaré que les dispositions de l’article 4 ne relevaient pas de la loi, mais étaient du domaine réglementaire. Cet article stipulait : "Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit".
La loi a été promulguée le 23 février 2005 et publiée au Journal officiel du 24 février 2005.
Le texte définitif avait été adopté le 10 février 2005, l’Assemblée nationale ayant adopté, dans les mêmes termes, le texte voté en première lecture par le Sénat le 16 décembre 2004.

Fresques INA

Rassemblement politique à Saint-Laurent-du-Var en hommage à l’oeuvre colonisatrice des Français d’Outre-Mer

À l’appel d’élus des Alpes-Maritimes et d’associations de rapatriés d’Afrique du Nord, un rassemblement a eu devant la mairie de Saint-Laurent-du-Var pour rendre hommage à l’oeuvre colonisatrice des Français d’Outre-Mer. Comme l’explique le député Lionel Lucca, organisateur de la manifestation, il s’agit de protester contre la décision du président de la République de revenir sur l’article de la loi du 23 février 2005 promouvant le caractère positif de la colonisation. Il n’aurait, d’après lui, entendu que "les plus agités", dont certains auraient "combattu contre la France". Michèle Tabarot, autre député des Alpes-Maritimes, refuse un traité avec l’Algérie qui obligerait l’histoire de France à s’aligner sur sa version. Les gros des manifestants ont été mobilisés par les associations de rapatriés. Les interviewés expriment leur incompréhension. Certains arborent des insignes de l’OAS. Lionel Lucca espère que son initiative fera école.

PS : Dans l’histoire de l’association des Clionautes, cette mise en ligne d’une étude de documents consacrés aux mémoires de la guerre d’Algérie a une saveur particulière. Elle rappelle le combat que nous avions mené contre l’alinéa 2, de l’article quatre, de la loi de février 2005. Dans l’opposition que nous avions manifestée à cette instrumentalisation mémorielle, une partie significative de l’association des Clionautes d’alors, avait entamé cette mutation, aujourd’hui terminée, d’un groupe pionnier de l’utilisation du numérique, en association disciplinaire à part entière.
La poursuite de l’instrumentalisation de l’histoire de la guerre d’Algérie n’est malheureusement pas terminée, comme certains événements récents à Béziers semblent le confirmer. L’association des Clionautes, contre les captations mémorielles, continue cette réflexion.

Par Bruno Modica, Charlotte Grimaldi

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