« Les mémoires de la guerre d’Algérie »
Vous êtes ici : Terminale PROGRAMMES ACTUELS (2012) HISTOIRE (séries ES et L) : Regards historiques sur le monde actuel Le rapport des sociétés à leur passé Les mémoires : lecture historique

« Les mémoires de la guerre d’Algérie »

Bruno Modica
vendredi 9 décembre 2016

On peut proposer le plan détaillé suivant
I. Amnésie en France, justification en Algérie
A. Tourner la page d’un bouleversement majeur
B. Justifier le régime mis en place en Algérie après l’indépendance

II. Le réveil des mémoires
A. La remise en cause du colonialisme
B. La contestation des silences

III. Le besoin d’histoire
A. Le déferlement mémoriel
B. Les travaux historiques

Une histoire de l’Algérie

La guerre d’Algérie a été intégrée pour la première fois dans les programme d’histoire des classes de terminale en 1983, c’est-à-dire 21 ans après l’indépendance. Cette question demeure éminemment sensible en raison d’une concurrence mémorielle qui ne s’est pas démentie et qui s’est même renforcée du fait de la disparition progressive de nombreux témoins des événements mais aussi pour des enjeux politiques.
Si en Algérie cette guerre fait partie de l’histoire nationale avec une évocation du peuple en armes luttant contre le colonialisme, en France les « événements d’Algérie » ont été associés à une crise politique majeure dont est issue la Ve République et à une crise morale à propos de l’utilisation de la torture ainsi qu’à une déchirure sur fond d’incompréhension entre les français de métropole et les Français d’Algérie. C’est seulement en 1999 que l’expression « guerre d’Algérie » a été officiellement reconnue par le parlement. Jusqu’alors, les anciens combattants d’Algérie portaient sur leur livret militaire la mention de leur participation aux « opérations de maintien de l’ordre ».
L’histoire de la guerre d’Algérie qui a pu faire couler beaucoup d’encre à la fin des années 90, et surtout à l’occasion du 50e anniversaire de l’indépendance en 2012 a été précédée par une longue période d’amnésie collective en France tandis qu’elle participait, en Algérie, d’une justification du régime de parti unique mise en place, surtout à partir de 1965.
Le réveil des mémoires à propos de ce conflit a commencé à la faveur des événements de mai 68 qui ont remis au goût du jour des oppositions anticolonialistes dans le contexte de la guerre du Vietnam. Les silences à propos de la guerre d’Algérie ont été contestés à l’occasion de la sortie, pour le moins contestée, de certains films et ouvrages.
Le vote par le Parlement français de lois mémorielles, touchant dans un premier temps à la mémoire de la seconde guerre mondiale, comme la loi Gayssot condamnant le « négationnisme », la publication de travaux à partir de l’ouverture des archives a favorisé une sorte de « besoin de connaissances historiques » qui a pu être en partie instrumentalisé par l’adoption, très contestée, d’une loi « mémorielle », évoquant « le bilan positif de la colonisation ». La concurrence mémorielle traverse aussi la société française, entre les Européens rapatriés d’Algérie et leurs descendants, les combattants harkis, Français musulmans, combattants en Algérie aux côtés des troupes françaises et leurs descendants, les anciens combattants d’Algérie exigeant la reconnaissance de leur engagement, les jeunes issus de l’immigration algérienne cherchant à affirmer leur identité face à la société française et même l’armée française qui a essayé de tourner une page douloureuse de son histoire.
«  Pourquoi la guerre d’Algérie est-elle chargée d’enjeux mémoriels plus de 50 ans après l’indépendance ? Comment ces événements ont-ils été ressentis par les opinions publiques en France mais aussi en Algérie ? Comment ces « ressentis » ont-il évolué ? »

Par Bruno Modica

Clio-Lycée 2018

Licence Creative Commons
Les Clionautes sous licence Creative Commons Attribution
Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International

Site développé avec SPIP, un programme sous licence GNU/GPL.

Design et Squelettes : B. Modica & X. Birnie-Scott pour Clio-Lycée.

Hébergement Clio-Lycée par