L’Europe, le Conseil européen, la Turquie
Vous êtes ici : Première GÉOGRAPHIE (programme 2011) L’UNION EUROPÉENNE - DYNAMIQUE DE DÉVELOPPEMENT DES TERRITOIRES DE L’ESPACE EUROPÉEN AUX TERRITOIRES DE L’UNION

L’Europe, le Conseil européen, la Turquie

Bruno Modica
samedi 21 février 2015

L’Europe, le Conseil européen, la Turquie, entretien avec Louis Michel
Istanbul, ville européenne ou ville asiatique ?
Débattre de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne.

http://enseigner.tv5monde.com/fle/leurope-le-conseil-europeen-la-turquie-entretien-avec-louis-michel

Un extrait du Mooc en ligne géopolitique de l’Europe

http://bit.ly/EuroMooc

Louis Michel a été Ministre des Affaires étrangères de la Belgique de 1999 à 2004, puis Commissaire européen de 2004 à 2009 avant de redevenir député européen. Dans cet entretien télévisuel, on lui demande pourquoi il soutient une adhésion turque à l’Union européenne puisqu’elle serait une “soumission à l’Islam”.

C’est ici le critère religieux qui est pris en compte. En fait, ce critère n’est jamais utilisé que pour la Turquie, puisque de nombreux pays européens sont peuplés de musulmans minoritaires ou majoritaires (comme la Bosnie Herzégovine ou l’Albanie qui ne sont pas membres mais qui ont vocation à le devenir).

Louis Michel affirme que les pères fondateurs ne prenaient pas en compte les critères géographiques ou religieux. Il faut dire qu’au moment où la France a rejoint la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier, l’Algérie fait encore partie du territoire national. D’ailleurs, la déclaration Schuman de 1950 (lien) évoque le nécessaire engagement européen en Afrique.

Le traité européen est plus ambigu. Il dit que “tous les pays européens peuvent demander à devenir membre” sans donner de définition. Ceci dit, les Etats européens semblent avoir réglé la question puisque les négociations d’adhésion ont été ouvertes en 2005.

Louis Michel affirme que l’ on “est Européen quand on respecte des valeurs de l’économie de marché et les valeurs démocratiques”. En ceci, il a raison puisque les “critères de Copenhague”, décidés en 1993, indiquent les éléments indispensables à une adhésion : valeurs démocratiques, économique de marché, respect du droit européen. Les critères de Copenhague évoquent aussi “la capacité d’absorption”, ce qui est un élément plus problématique.

Le député évoque ensuite le fait que l’Union européenne a besoin de la Turquie. Non seulement, le refus de son adhésion pourrait y développer l’islamisme, mais la Turquie a été un pays important de l’OTAN pendant toute la Guerre Froide contre l’URSS. A l’inverse de personnalités politiques qui défendent des critères géographiques ou culturels, il plaide pour une vision stratégique de l’Europe élargie.

Au contraire du Royaume-Uni, incontestablement européen mais qui hésite à voir son futur dans l’UE, la Turquie a longtemps semblé un pays dont l’européanité était discutable, mais la volonté réelle. Ce qui prouve que l’Union européenne est une communauté de valeur, de volonté, avec une dimension régionale.

Par Bruno Modica

Clio-Lycée 2018

Licence Creative Commons
Les Clionautes sous licence Creative Commons Attribution
Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International

Site développé avec SPIP, un programme sous licence GNU/GPL.

Design et Squelettes : B. Modica & X. Birnie-Scott pour Clio-Lycée.

Hébergement Clio-Lycée par