L’affaire Dreyfus et son impact dans l’opinion
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L’affaire Dreyfus et son impact dans l’opinion

Bruno Modica
dimanche 1er mai 2016

L’âge du papier Eau-forte publiée dans Le Cri de Paris
Félix Vallotton, 23 janvier 1898.

Une publication sur la page Facebook d’une collègue aujourd’hui retirée du service actif mais toujours attentive à nos pratiques enseignantes m’a conduit à préparer cette « Étude de cas ».

Quel a été l’impact de l’affaire Dreyfus dans l’opinion publique ?

L’affaire Dreyfus éclate dans le contexte particulier du développement massif de la presse écrite, favorisé par le développement d’une alphabétisation et d’une scolarisation de masse, avec les lois scolaires de Jules Ferry.
D’importantes modifications techniques, comme le développement de la rotative de Marinoni qui permet de rendre l’impression plus rapide, moins coûteuse, ainsi que la mise en place d’un réseau de diffusion, favorisent la diffusion de la presse écrite.

Pour autant, et ce point est souvent ignoré, l’initiateur de la presse de masse est Émile de Girardin qui lance le premier journal « moderne », associant modicité du prix, feuilleton quotidien, et réclame, le nom que l’on donnait alors à la publicité. La Presse est publiée pour la première fois en 1836.
Émile de Girardin a été l’un des inspirateurs, juste avant sa mort en 1881, de la loi sur la presse du 29 avril 1881.

La Loi du 29 juillet 1881

Le texte initial :

Le texte initial paru en 1881

La Presse par Émile de Girardin

Une biographie d’Émile de Girardin

Émile de Girardin

Fils illégitime du comte (et plus tard général) Alexandre de Girardin (1776-1855) et de Mme Dupuy, épouse d’un avocat parisien, Émile prend le nom de son père lors de la publication de sa première œuvre, Émile (1827), roman autobiographique. En 1828, il fonde sa première revue, Le Voleur, mensuel qui porte sur les arts et les sciences. Il devient alors rapidement une figure importante de la société parisienne et épouse, en 1831, l’écrivain Delphine Gay (1805-1855). Ses nombreux autres succès d’édition, notamment un atlas, un almanach et divers journaux, ne font qu’accroître sa renommée et il est élu à la Chambre des députés en 1834.
Girardin fonde La Presse en 1836, ce qui lui vaut le surnom de « Napoléon de la presse ». Ce journal est plutôt conservateur vendu pour la moitié du prix de ses concurrents. Grâce à un recours très judicieux à la publicité et à l’insertion de romans publiés par fragments (romans-feuilletons), ce journal conquiert un vaste lectorat et devient vite rentable.

Chronologie de l’Affaire Dreyfus et évolution de l’opinion

  • 6 octobre 1894. Le service de renseignements français attribue au capitaine Alfred Dreyfus la paternité d’un « bordereau » adressé à l’attaché militaire d’Allemagne à Paris et annonçant l’envoi de documents militaires.
  • 15 octobre 1894. Alfred Dreyfus est arrêté et écroué.
  • 19 décembre 1894. Premier procès devant le conseil de guerre, à huis clos. Dreyfus est déclaré coupable et condamné à perpétuité.
  • 5 janvier 1895. Dreyfus est dégradé. Le 21 mars, il arrive en déportation en Guyane.
  • Fin mars 1896. Un télégramme ­ « petit bleu » ­ de l’attaché militaire d’Allemagne à Paris au commandant français Esterhazy est saisi.
  • Juillet 1896. Le lieutenant-colonel Picquart, nouveau chef du service de renseignements, constate la similitude de l’écriture du bordereau et du petit bleu. Convaincu de l’erreur judiciaire, il tente, en vain, de persuader ses supérieurs.
  • 2 novembre 1896. Le commandant Henry produit un faux document accablant Dreyfus. 16 novembre 1896. Le colonel Picquart est muté.
  • 15 novembre 1897. Mathieu Dreyfus, frère du condamné, accuse Esterhazy d’être l’auteur du bordereau. Une enquête est ouverte.
  • 11 janvier 1898. Traduit devant le conseil de guerre, Esterhazy est acquitté.
  • 7 février 1898. Ouverture du procès contre Zola. Condamné à un an de prison, l’écrivain s’exile.
    Jean Jaurès dans la presse régionale
  • 30 août 1898. Henry reconnaît être l’auteur du faux. Arrêté, il est retrouvé mort le lendemain dans sa cellule.
  • Le Progrès Illustré, supplément littéraire du "Progrès de Lyon" parution : de 1891 à 1905
  • 27 septembre 1898. Le garde des Sceaux demande la révision du jugement de 1894.

Un texte antisémite au moment de l’affaire Dreyfus

  • 8 août 1899. Ouverture à Rennes du second procès. Dreyfus est de nouveau condamné à dix ans de prison.
    - 
  • 19 septembre 1899. Le président de la République Loubet gracie Alfred Dreyfus.
    L’Intransigeant, un titre anti-dreydusard
  • 12 juillet 1906. Dreyfus est réhabilité.

La réhabilitation de Dreyfus

L’exploitation d’un slogan un an après par les publicitaires.

le Courrier Français de 1907

Les questions

  1. Dans quel contexte général se situe l’Affaire Dreyfus ? Quels ont été les conditions favorables à la diffusion de la presse de masse ?
  2. Que permet la loi sur la liberté de la presse en matière de communication dans l’opinion ?
  3. Comment l’affaire Dreyfus est-elle présentée dans la une de ce titre « Le petit journal » ?
  4. Quels sont les arguments avancés par Émile Zola dans « J’accuse ? »
  5. Que recherche la rédaction du Progrès de Lyon avec cette « une » ?
  6. Comment Jean Jaurès réagit-il ? Qui est remis en cause ?
  7. Quel courant dans l’opinion s’exprime également dans le contexte de l’affaire Dreyfus ?
  8. Comment évoluent les pouvoirs publics à partir de 1898 ? Comment la justice militaire réagit-elle ?
  9. Que révèle la réclame pour les pastilles Valda à propos de la démarche des publicitaires ?

En synthèse

Comment peut-on expliquer les mouvements qui traversent l’opinion publique en France pendant l’affaire Dreyfus ?

Par Bruno Modica

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