FAQ sur la démarche historique et l’esclavage
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FAQ sur la démarche historique et l’esclavage

Dominique Chathuant
vendredi 27 mai 2005

Cette FAQ résume en substance les messages reçus depuis février 1998 et les réponses qui leur sont données

S’agit-il, avec ce site, de soutenir une action de réparation en faveur du peuple noir ?
Il existe une certaine attirance médiatique pour les concepts creux. Le « peuple noir » n’existe pas. Pas plus que le « peuple blanc » et je ne vois pas en quoi la première notion serait moins raciste que la seconde. Les deux schémas procèdent par ailleurs de la croyance en l’existence de races. Le concept de métis au sens biologique n’y échappe pas non plus.

Ce site est-il au service des Noirs de France comme l’indiquent parfois des sites qui font des liens vers celui-ci ?
D’abord, il faut rappeler qu’en français, seuls les noms de peuples prennent des majuscules. Il n’est donc pas justifié d’en utiliser pour « noirs » et « blancs » qui ne sont que des adjectifs qualifiant une infime partie du patrimoine d’un individu appartenant au genre humain.
Ensuite, la démarche d’abolitions.free.fr est de diffuser la connaissance d’une partie de l’histoire de la France coloniale et du genre humain.

Tout cela signifie t-il qu’il faut pardonner aux blancs ?
Ce genre de réflexion est vide de sens. Un certain nombre d’individus appartenant au genre humain furent responsables de l’esclavage et un certain nombre d’individus en furent victimes, quelles que fussent les couleurs de peau de tous ces gens. Par ailleurs, dans un système complexe, certains ont été à la fois bourreaux et victimes comme Amé Noël, libre de couleur et propriétaire d’esclaves en Guadeloupe.


Y-a t-il eu un complot pour mettre les noirs en esclavage ?

Les théories du complot relèvent en histoire d’une paranoïa fréquente. Elle sont communes à tous les esprits simples dans tous les extrémismes. Elle sont symptomatiques chez les antisémites.

Vous êtes un petit salopard et un voyou. Vos pages sur l’esclavage sont une insulte à la France. On voit que vous détestez notre pays.
Quand on est français, on peut estimer à l’honneur des enseignants français de faire connaître ces questions comme il est à l’honneur de l’Allemagne d’avoir des enseignants évoquant le nazisme, du Japon d’avoir des enseignants évoquant les massacres de Nankin ou, qui sait, des enseignants turcs d’enseigner ce qu’on fit aux Arméniens de la fin du XIXe à 1915. Il y a peu de commentaires à formuler sur ceux qui croient que l’honneur de leur pays passe par le négationnisme.

C’est honteux ! Ces pages ont sali Colbert, Surcouf, Richepance et Napoléon.
Diffuser la connaissance historique ne signifie pas qu’on doit juger ou endosser la responsabilité de tous les actes commis par des acteurs du passé. Colbert a écrit le Code Noir, Surcouf a participé a des expéditions négrières, Napoléon et ses serviteurs ont rétabli l’esclavage, massacré, torturé (pas seulement dans le contexte colonial) et introduit une législation raciale qui n’empêcha pas la naissance du sang-mêlé Alexandre Dumas à Villers-Cotterêts en 1802. Ils l’ont fait et c’est de l’histoire. La connaissance raisonné n’implique pas le jugement d’un passé qu’on n’a pas vécu.

Descendante d’esclave, j’éprouve de la honte à raconter cela à mes enfants ?
C’est fréquent mais il faut comprendre que le déshonneur de l’acte de réduction en esclavage est pour les maîtres, pas pour les victimes ou leurs descendants. Pas plus, d’ailleurs, que pour les descendants des esclavagistes : on ne saurait être coupable d’être né.

Par Dominique Chathuant

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